« Ce huitième titre on ne l’a pas encore, explique un Laurent Puigsegur toujours prudent. Il nous manque un point et nous avons appris, à nos dépends, à nous méfier. Face à Istres, nous devrons rester sérieux et appliqués pour l’emporter. Nous avons tout de même pas mal de blessés (Sioud, Anquetil et Puigsegur). On pourra alors parler du huitième titre mais pour l’instant je préfère m’abstenir. En revanche, je suis vraiment heureux que nous soyons arrivés à conserver la Coupe de France à Montpellier. » |
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Car le week-end dernier à Saintes, le MHB a inscrit avec délectation une ligne de plus sur un palmarès qui ressemble de plus en plus à l’annuaire des PTT avec une sixième Coupe de France remportée face aux chambériens de Philippe Gardent, ravis de s’assurer une place en Coupe d’Europe l’an prochain. Si l’on met de côté l’abstinence imposée par les JO l’an dernier, Puigsegur et ses complices ont participé à sept finales de rang pour six victoires… Un record de plus dans l’escarcelle d’une équipe qui semble découvrir la saveur inégalable d’un titre à chacune des ses nouvelles conquêtes. « C’était le premier titre à ramener à Montpellier après notre élimination en Ligue des Champions, raconte Michael Guigou. On n’avait pas de craintes particulières, on se méfiait surtout de nous et de la difficulté d’enchaîner les matchs à un rythme aussi élevé. Nous avons été en tête tout le week-end en Charente. Même si nos adversaires sont parvenus à chaque fois à recoller au score, on s’est vite mis à l’abri. » |
Et le constat est le même pour le fidèle capitaine du MHB : « On aurait pu penser que nous lèverions un peu le pied mais nous avons su rester performant pour remporter cette Coupe de France. De l’extérieur, il est assez difficile de réaliser la somme de travail physique et psychologique que cela représente. Mais je peux vous assurer que nous avons énormément bossé pour en arriver là. »
En dix ans, le Montpellier Handball créé en 1982 par une bande de copains pilotée par Jean-Paul Lacombe aura glané la bagatelle de 14 titres toutes compétitions confondues ! Alors comment douter au moment d’aller décrocher le ruban au sommet du mât de cocagne ? Quelle péripétie pourrait contrarier la quête d’un nouveau record, d’un quatrième titre de Champion de France d’affilée.
« Lorsque nous avons créé le club, il y a vingt trois ans, nous n’aurions jamais pensé en arriver là, se remémore le président du MHB ». Elu après le décès prématuré du père fondateur, Robert Molines ne peut que contempler le bel édifice : « C’est sûr, le chemin parcouru est impressionnant, et on espère toujours que Jean-Paul est fier de Montpellier vu de là-haut. C’est la victoire d’un club accompagnée de beaucoup de travail et d’un peu de chance. Mais pour moi, les chiffres ne sont pas une finalité. Ce qui compte, ce sont les projets, comment continuer à progresser même si il n’y aura pas toujours un titre au bout. La préoccupation des dirigeants, c’est de coller au plus près de l’évolution de notre monde afin de répondre aux problèmes structurels et juridiques qui se posent. » |
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Car si le Montpellier Handball compte encore un temps d’avance sur ses principaux concurrents hexagonaux, l’écart se résorbe inéluctablement, la concurrence frappe à la porte. Et à y regarder de plus près, le groupe de Patrice Canayer n’est pas exempt de tous reproches. « Nous avons toujours le même handicap, analyse Guigou l’ailier gauche de l’Equipe de France. Globalement cette saison est largement positive mais nous avons toujours autant de problèmes pour nous imposer loin de chez nous au moment des grands rendez-vous européens. Il faut que l’on arrête de prendre des valises à l’extérieur. Nous devons encore travailler notre défense pour ne plus nous mettre en danger chez les autres si nous voulons devenir incontournable en Europe. »
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Car le continent reste un territoire difficile à maîtriser pour une équipe française handicapée par une fiscalité désavantageuse, et Patrice Canayer aimerait bien que son club cesse de servir de centre de formation aux grosses écuries européennes. |
Dernier départ annoncé, celui de Nikola Karabatic pour Kiel avant de voir peut-être s’envoler aussi un jour Michael Guigou sous le soleil espagnol, deux perles polies patiemment à l’orfèvrerie montpelliéraine. Quand à l’inverse, Puigsegur, Anquetil ou Golic ont toujours résisté au chant des sirènes à l’accent espagnol ou allemand. Habitués à prendre leur destin en main, les héraultais se retrouvent confrontés à un problème qui dépasse le seul secteur sportif. Alors en attendant, le club cher à Georges Frêche, aujourd’hui président de la Région Languedoc-Roussillon, gagne chez lui avec une équipe très couleur locale : une Coupe de France… C’est fait. Un nouveau titre de Champion… C’est presque fait. Restera ensuite la Coupe de la Ligue et un nouveau record à la clé. Car le MHB n’a jamais réalisé ce triplé tricolore, ni d’ailleurs aucun club français avant lui. Un appétit d’ogre, une faim pantagruélique assez logique puisque Rabelais étudia la médecine, ici, à Montpellier. |
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« Si nous remportons ce huitième titre ce sera un joli symbole du travail fourni depuis dix ans. Pour le triplé on verra après. Ce qui est certain, c’est que l’on a toujours faim de victoire ! » Privé de Coupe de France et des deux dernières journées de championnat en raison d’une déchirure aux adducteurs, Puigsegur devrait effectuer son retour pour disputer la Coupe de la Ligue à Nîmes. Un retour aux sources, presque un symbole. Car c’est là que l’atypique pivot montpelliérain décrochat son premier titre (92/93) en jouant moins d’une minute avec ses coéquipiers de l’USAM avant de rejoindre Montpellier l’année suivante. Car aujourd’hui, le joueur le plus titré du championnat de France c’est lui… Peggy de Jacou. A lui seul, l’homme comptera sous peu neuf titres de Champion de France. Un record de plus. Gourmand ! |
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