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Attention buteur !
Avec 81 buts, il a survolé le Mondial organisé sur ses terres. Wissem Hmam, l’arrière gauche de l’Espérance de Tunis et de la sélection, s’est engagé pour les cinq prochaines saisons avec Montpellier. Un sacré challenge pour ce garçon de vingt-trois ans, particulièrement attachant.
| C'est un grand escogriffe à la voix douce. Un redoutable prédateur, insaisissable dès lors qu’il s’aventure sur son espace de chasse préféré, à l’approche des neuf mètres, à portée de son gibier favori : le gardien de but. |
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C’est un buteur. Un vrai, un grand (1,98 m). Le meilleur du dernier Mondial en Tunisie. 81 réalisations, 137 tirs pour une réussite globale de 59%. Avec quelques outrances magnifiques, le 12/15 face à la République Tchèque ou ce mémorable 13/16 face à des Russes totalement désarçonnés. Encore 9 buts en demi-finale face à l’Espagne et 11, pour finir, devant des Français pourtant prévenus. Des buts parfois venus d’ailleurs, tous plus culottés les uns que les autres. Ceux marqués en contre-attaque. Ceux à douze mètres. Les coups francs, appel deux pieds. Et encore ceux-là, au terme de un-contre-un malin. Sans oublier ceux venus de nulle part, à la limite du refus de jeu. |
Oui, Wissem Hmam, 23 ans, est un joueur formidable, révélé par ce Mondial, «son» Mondial, mais épié et convoité par Montpellier bien avant ses multiples exagérations de Radès. Montpellier qu’il rejoindra donc à l’issue de sa saison avec l’Espérance de Tunis, le doyen et club le plus titré de Tunisie. Une saison d’ores et déjà particulière puisque l’Espérance de Tunis s’est mise en tête de glaner un vingt-quatrième titre, une vingt-quatrième coupe, voire même un peu plus....
Wissem Hmam à Montpellier, c’est un très joli coup, un message même, puisque le départ de Nikola Karabatic pour Kiel avait légitimement nourri quelques interrogations. Le voilà engagé pour cinq ans, cinq exercices qu’il compte mettre à profit pour progresser encore, pour se frotter régulièrement aux meilleurs, à de nouvelles formes de jeu. «Je voulais avoir du temps de jeu pour continuer à apprendre, indique-t-il. J’aurais pu aller à Barcelone, à Leon ou à Lemgo, mais il y avait déjà de forts joueurs sur le poste d’arrière gauche. A Montpellier, je sais que je vais pouvoir m’épanouir, que je vais bien travailler avec Monsieur Canayer et que je ressortirai plus fort de l’expérience.»
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En vérité, le choix du Champion de France s’est dessiné naturellement, très vite. «C’était effectivement mon option préférée, murmure-t-il. Sobhi (Sioud), Heykel (M’Gannem) ou Issam (Tej) m’avaient conseillé. Monsieur Sabbagh, le président de la section à l’Espérance, aussi. Montpellier est un grand club, bien structuré, rigoureux et ambitieux. Et Montpellier est également une ville à la mentalité proche de celle de Tunis.»
Une ville qu’il compte découvrir bientôt, après la Coupe d’Afrique des clubs vainqueurs de Coupes, organisée à Fès, au Maroc, du 23 avril au 4 mai. Presque assurée de conserver son titre, qualifiée pour les demi-finales de Coupe de Tunisie, l’Espérance réussit une saison pleine et souhaite accompagner le départ de son enfant prodige d’un maximum de trophées.
En attendant, celui qui a terminé meilleur joueur, et évidemment meilleur buteur de la dernière édition du Tournoi de Paris Ile-de-France, a regardé la demi-finale de Ligue des Champions devant son écran. «Ciudad Real, c’est la Dream Team, sourit-il. Tous les meilleurs joueurs du monde sont là-bas. Mais Montpellier a livré un grand match, courageux et a été digne du rendez-vous.» |
Rêve-t-il, lui, l’enfant de Menzel Temime, dans la région du Cap Bon, de Ligue des Champions, de rendez-vous au sommet sous casaque bleu et blanche, au côté de son ami Sobhi Sioud ? «Bien sûr, répond-il. Je crois que nous allons posséder une équipe équilibrée, avec des joueurs capables de tirer de loin, de jouer avec les ailiers, les pivots. Capable de bien défendre aussi. Je pense sincèrement que nous aurons les moyens d’aller le plus loin possible dans les diverses compétitions.»
Et la sélection ? «J’ai vécu un moment extraordinaire en début d’année. Le genre de moment qui ne s’oublie pas. On voulait montrer notre meilleur visage et nous y sommes parvenus au delà de nos espérances. Pour ce qui me concerne, je me suis donné à fond, pour le bien du collectif, et ça m’a réussi. Je me souviendrai longtemps des titres de meilleur buteur et de meilleur arrière gauche. Même si j’aurais préféré une médaille de bronze…»
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Peut-être pour plus tard. La Tunisie, au cours de la quinzaine, encore récemment à Bercy, a affiché des progrès sidérants et figure désormais parmi les nations fortes dans le monde. Son jeu a évolué sous la houlette de Sead Hasanefendic, un jeu développé autour des qualités des joueurs majeurs, tels que Tej, M’Gannem, Bousnina et, bien sûr, Hmam. |
Wissem Hmam le buteur. Wissem Hmam le défenseur, à l’aise sur le poste 3. Wissem Hmam le contreur. Wissem Hmam l’intercepteur. «Un joueur complet, résume Patrice Canayer, qui n’a pas fini de nous étonner.»
Un joueur qui va quitter sa famille pour la première fois et démarrer une nouvelle vie en Septimanie, couvé par Sobhi Sioud, pas très loin de Nîmes et de son autre complice, le meneur de jeu Heykel M’Gannem. «Je suis impatient, conclut-il. Pas inquiet, mais un peu fébrile quand même. Ça va faire beaucoup de nouveautés en peu de temps.» La France, elle, attend de pieds fermes celui qui devrait devenir, très vite, la coqueluche de Bougnol. Et s’imposer comme l’un des éléments les plus spectaculaires du Championnat de France.
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