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#Entretien du lundi - Didier Dinart : « les fondations du caractère »

L’entraîneur de l’équipe de France peut savourer : les Bleus ont remporté une 11e médaille au championnat du monde à l’issue de leur victoire sur l’Allemagne (26-25) dimanche. Didier Dinart livre son analyse au lendemain du bronze décroché à Herning.

Après la lourde défaite subie vendredi face au Danemark, avec quelles ressources l’équipe de France a-t-elle rebondi pour décrocher la médaille de bronze ?
L’équipe de France a fait preuve de beaucoup de cœur et d’envie. Le match pour la 3e place se joue sur le plan psychologique plus que sur les aspects techniques et physiques. Après 9 matches, l’équipe était déjà rodée. Par conséquent, c’est la lucidité et la détermination qui ont fait la différence. Menée de quatre longueurs à la pause, l’équipe a signé un 6-1 au retour des vestiaires. C’est la preuve d’une grande force mentale.

La prestation de vendredi, face aux Danois, te laisse t’elle des regrets au regard de la victoire sur l’Allemagne ?
Nous n’avons pas été à la hauteur de la demi-finale face à une équipe danoise qui était sur une autre planète. Dans ce Mondial, de très haut niveau, nous avons su nous hisser à la 3e place. L’équipe a encore montré beaucoup de caractère face à l’Allemagne.

Depuis 2014, l’équipe de France s’est toujours hissée dans le dernier carré. Était-ce l’objectif minimum à atteindre ?
Je suis un optimiste et j’ai toujours à l’esprit d’optimiser. Je suis un amoureux et un passionné de handball. Je n’aime pas voir les joueurs en difficulté et mon objectif est de pouvoir les aider. Je suis un compétiteur et j’estime que nous devons respecter notre statut. Mon passé avec les Experts renforce mon devoir de pousser cette équipe à jouer les premiers rôles : atteindre le dernier carré et viser le titre.

La défaite face au Danemark a généré de la déception auprès des supporters. Comment as-tu reçu ses critiques ?
Depuis le début du Mondial, j’ai été critiqué en raison du turnover permanent. L’équipe de France est la nation qui utilise le plus son banc. C’est ainsi que le collectif peut progresser. Les joueurs sont fiers de former un groupe où chacun a un rôle à jouer. Pour revenir sur la demi-finale, je n’ai pas pris de temps-mort lors de la 1e mi-temps. Quand on prend l’eau ainsi, que l’on pose 1, 10 ou 20 temps-morts, cela n’y changera rien.

Dimanche matin, quelques heures avant la « petite » finale, ce n’est pas une séance vidéo qui était programmée mais une « réunion causerie ». Quel était son contenu ?
Ce n’était pas une réunion technique mais une véritable causerie afin que chacun soit mis face à ses responsabilités. Je peux comprendre, mais je ne l’admets pas, que l’équipe est levée le pied face à la Croatie. Je pense cependant que cela a généré un manque de rythme qui nous a coûté cher face au Danemark. Nous étions au pied du mur et il nous fallait absolument gagner. J’ai rappelé aux joueurs que l’équipe de France n’avait jamais perdu trois matches d’affilée. Cette équipe est en quête d’identité. Avec cette compétition, je crois que les fondations du caractère de cette équipe sont posées.

Intégrer Nikola Karabatic, au milieu de la compétition, était un pari osé qui s’est révélé gagnant…
Nikola est venu dans l’optique d’aider l’équipe au maximum. Après 3 mois sans compétition, il n’était pas au meilleur de sa forme. Mais Nikola était déterminé et il a apporté son expérience pour tenir les ballons. Sur le poste d’arrière gauche, le temps de jeu a pu être réparti entre Timothey N’Guessan, Romain Lagarde et Nikola. Il a aussi été précieux en défense, au poste 2, et son discernement a permis d’apporter de la stabilité et de participer au jeu de transition. Son but, face à l’Allemagne, embellit sa compétition. Mais c’est le collectif qui a battu l’Allemagne, pas ce but seul.

Que penses-tu des prestations de Kentin Mahé, en particulier hier face à l’Allemagne ?
À l’instar de Melvyn Richardson, Kentin peut évoluer sur différents postes, à l’aile et à l’arrière gauche et en position de demi-centre. Il a été efficace et il était bien déterminé à battre l’équipe d’Allemagne qu’il a survolée hier soir.

Adrien Dipanda a été moins utilisé que sur l’Euro l’an passé. Était-ce un choix stratégique ?
C’est juste, Adrien a été moins utilisé. Ludovic Fabregas était absent en Croatie et il a logiquement retrouvé sur ce Mondial sa place de taulier de la défense. Son retour a généré une utilisation restreinte d’Adrien. Cela n’enlève rien aux qualités d’Adrien qui est toujours disponible pour le groupe.

Quelle est la saveur de cette médaille de bronze ?
Très spéciale. Avant de participer à ce Mondial, ma crainte était de ne pas atteindre les demi-finales car je savais combien c’était compliqué. Je suis très heureux pour les joueurs, pour leur travail et leur investissement depuis le 26 décembre. L’équipe a su gagner sa place pour le TQO de 2020 mais je ne renonce pas à l’idée du titre à l’Euro 2020 qui délivrera un billet direct pour les J.O. de Tokyo.

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