La FFHandball et l’AJPH sont associées sur un dossier ambitieux et au long cours basé sur le triptyque formation-insertion-reconversion. S’occuper mieux des athlètes leur permet in fine de mieux performer et de rester plus longtemps dans le circuit professionnel.

Depuis l’arrivée en octobre dernier de Laurent Frécon à la Direction Technique Nationale (DTN), la cellule formation-insertion-reconversion a pris son envol. Le Conseiller Technique National (CTN), avec la collaboration étroite de Françoise Nicole (CTS), développe et active un réseau facilitateur pour les athlètes. L’AJPH, dont le cœur de l’activité est la défense des intérêts des athlètes et le conseil, est aussi impliquée dans cette cellule. « Sa mise en place est une plus-value, abonde le directeur de l’AJPH, Benoît Henry. Cela fait quelques années que ce dossier est évoqué en conseil stratégique où les deux instances échangent mais ce n’était pas forcément la préoccupation première. Aujourd’hui, la démarche est appuyée par Philippe Bana. Elle était aussi poussée par mon prédécesseur, Franck Leclerc. Les handballeurs sentent qu’une structure se met en place pour les accompagner, c’est en bonne voie. » Accompagner et coordonner l’environnement autour du sportif, former, insérer, reconvertir résume toute « la thématique et notre souhait de travailler ensemble en direction des plus jeunes jusqu’à ceux qui ont arrêté », résume Laurent Frécon qui aime aussi rappeler « qu’au-delà du double projet devenu obsolète car parcellaire, c’est un véritable projet de vie qui doit être bâti avec l’athlète. » Pour l’AJPH et la FFHandball, le constat est unanime : « Nous sommes en retard et l’immersion dans l’entreprise ne se fait pas suffisamment,constate Laurent Frécon. Il faut aller au-devant des sportifs et activer les réseaux et les clubs de partenaires dans l’environnement des clubs et de nos équipes nationales. »

Les handballeuses plus soucieuses de leur avenir
CTS en Nouvelle Aquitaine avec une mission nationale, Françoise Nicole apporte aussi son expertise. Elle avait notamment mis en place le cycle d’études d’Estelle Nze-Minko lorsque celle-ci commençait à briller du côté de Nantes. « La partie socio-professionnelle est souvent le caillou dans la chaussure des clubs. Les idées avancent mais il faut intensifier le travail de suivi. Je suis convaincue qu’un meilleur accompagnement permettra in fine de mieux performer et de garder nos athlètes plus longtemps. Nous disposons d’un formidable réseau au travers des Territoires. » Le champ est large, du pôle espoir jusqu’à l’accès et à la sortie au professionnalisme. Des différences entre handballeurs et handballeurs subsistent. « En général, les garçons ont moins d’angoisse, il se projettent moins, fait remarquer Françoise Nicole. Les handballeuses sont souvent de très bonnes élèves et elles n’imaginent pas seulement faire du handball. Certaines sont ainsi plus épanouies dans leur carrière. Il est certain que cela va aussi évoluer du côté masculin. » La CTS évoque aussi un contexte plus favorable avec « une évolution de la société qui amène chaque citoyen à se former toute sa vie. » Benoît Henry, lui-même un exemple réussi de reconversion aboutie, souligne « que si la professionnalisation avance, l’arrêt de carrière reste problématique. C’est une préoccupation majeure de l’AJPH. La mise en place des outils doit permettre de former des citoyens et pas seulement des handballeurs. » Laurent Frécon se montre optimiste sur le secteur masculin. « Certains sont devenus joueurs professionnels très jeunes et reprennent aujourd’hui des études. J’espère cependant que ce n’est pas conjoncturel. » Ce dernier tire un premier bilan, six mois après la mise en place de la cellule. « Une quarantaine de sportifs nous ont sollicités dont une dizaine de joueuses de l’équipe de France féminine. » La cellule devrait se doter, dès la saison prochaine, d’outils de communication pour s’affirmer comme un acteur incontournable et favoriser la mise en réseaux.

HGu

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