#Entretiendulundi - Thierry Weizman

Samedi et dimanche à Budapest, Metz HB disputera le Final Four de la Ligue des champions féminine, avec un premier match à 18h face au club russe de Rostov. Une grande première pour un club français féminin et en particulier pour Metz HB présidé par Thierry Weizman qui s’exprime ici avant le grand rendez-vous en Hongrie.

Comment se prépare le final Four de Budapest ?
Depuis notre qualification, après nos victoires sur Bucarest, la difficulté était d’éviter aux filles et au staff de penser au Final Four alors que neuf matches à enjeu se présentaient, en coupe de France et en LFH, notamment les play-offs. À Toulon puis à Nantes, j’ai noté un manque de concentration et une qualité de jeu inférieure si on compare avec nos prestations face aux Roumaines. Hormis pour Gnonsiane Niombla, les joueuses vivront une grande première. Elles n’ont pas envie de se blesser et il y a forcément un peu de réticence à s’engager totalement.

Votre équipe affrontera Rostov que vous avez battue deux fois lors de la phase de poule. Est-ce un bon tirage ?
Oui mais il faut oublier ces deux victoires. C’est le job d’Emmanuel Mayonnade de faire en sorte que les joueuses repartent de zéro, face à une équipe qui aura la rage et l’envie de prendre sa revanche.

Vous allez aussi découvrir l’ambiance d’un Final Four…
Dans cette affaire, nous sommes des novices. À partir du tirage au sort, nous aurions dû jouer la demi-finale le samedi à 15h mais finalement l’organisation a inversé les deux matches. Du coup, elle est programmée à 18h. Dans l’éventualité d’une finale, cela réduirait le temps de récupération. Les Hongrois argumentent que cette programmation est meilleure pour assurer le remplissage de la salle, dès la première demi-finale. Enfin, les créneaux d’entraînement ne sont pas forcément ceux que nous escomptions. Metz HB n’a pas encore la notoriété des autres clubs. Nous sommes les petits frenchies. Tout cela donne de la fraîcheur à l’événement.

Cette saison, aucun club masculin ne s’est qualifié pour le Final Four de Cologne. N’est pas surprenant que Metz HB soit finalement l’unique club français présent à ce stade, toutes coupes d’Europe confondues ?
Oui et nous avons conscience que Metz HB sera le seul représentant du handball français. Cela donne à réfléchir en vue de la saison prochaine. C’est une fierté et nous comptons être à la hauteur. Surtout, je voudrais souligner que Metz HB est encore présent dans toutes les compétitions. C’est assez extraordinaire et il faut rester concentrés. La bonne surprise est de constater l’intérêt du Handball masculin. Je pense notamment au président de Montpellier, Rémy Lévy, qui nous a encouragés dès le début de la saison. Il nous fera l’amitié d’être présent à Budapest.

Comment avez-vous organisé le déplacement à Budapest ?
Des autocars ont été affrétés pour les supporters qui voyageront de nuit, vendredi soir, avec un retour lundi matin. Les partenaires et les VIP seront installés dans un hôtel voisin de celui des équipes du Final Four. L’équipe et le staff de Metz HB représentent 24 personnes, dans le cadre de la délégation validée par l’EHF. Nous avons souhaité élargir ce groupe à des personnalités telles que Isabelle Wendling et des techniciens du club, notamment Alexandra Hector et Yacine Messaoudi.

Le cahier des charges de l’EHF est exigeant. Comment comptez-vous y faire face ?
Dès le vendredi, nous devrons répondre à de nombreuses sollicitations, notamment médiatiques. Je me suis fait rappeler à l’ordre par le service marketing de l’EHF qui nous demande de mettre en place une équipe à la hauteur des sollicitations. L’événement a une portée planétaire et l’EHF est très exigeante envers nous.

En février dernier, Emmanuel Mayonnade s’engageait avec les Pays-Bas. Dans quel cadre avez-vous accepté de le partager avec la sélection néerlandaise ?
Il a aussi reçu une offre de Bucarest mais je voulais le garder à tout prix. Lors de cette période, j’ai reçu, presque quotidiennement, des propositions françaises et étrangères. Avec Manu, nous avons considéré que nous n’étions pas arrivés au bout du projet. En même temps, j’ai senti qu’il avait besoin d‘évoluer. Il est jeune et plein de talent. Il est donc très sollicité. Lorsque l’opportunité néerlandaise est apparue, il m’a demandé mon avis pour lui et son adjointe. J’ai compris que ce serait intéressant pour Manu et que cela n’entraînerait pas de difficulté pour le club. Lorsque les équipes nationales sont regroupées, il n’y a quasiment plus de joueuses à Metz car elles sont toutes internationales. Lorsque Manu est à Metz, il a la tête à Metz ; lorsqu’il est aux Pays-Bas, il a la tête à la sélection néerlandaise.

Au creux de l’hiver, les joueuses ont également été sollicitées. Comment avez-vous vécu cette période ?
Chacun fait son marché : c’est la loi du genre et chacun est parfaitement dans ses droits. Ces trois mois ont été compliqués car Metz HB était un peu dans l’inconnu au moment où se jouait la qualification pour le Final Four de la Ligue des Champions. Il a fallu faire re-signer un certain nombre de joueuses, dont Xenia Smits, et Emmanuel Mayonnade. Il a montré son attachement au projet du club. Les joueuses se sont montrées très professionnelles. Chacun a su faire la part des choses

Les départs de Laurisa Landre et d’Ana Gros à l’intersaison auraient pu fragiliser le niveau de l’équipe, non ?
Ana est une joueuse extraordinaire mais son départ a été surtout un coup affectif pour moi, ainsi que pour les partenaires du club et les supporters. Tout le monde l’adorait et cela a été terrible de la voir partir chez le concurrent. Sportivement, je savais qu’Emmanuel Mayonnade trouverait les parades. Il m’avait dit alors : « Ne t’inquiète pas, j’ai déjà mon idée et je vais redistribuer les rôles, réorienter le collectif et nous jouerons avec nos moyens. Notre équipe sera peut-être collectivement plus forte que l’an passé. »

Est-ce à dire que personne n’est irremplaçable ?

Ce n’est pas le départ d’une joueuse, d’un président ou d’un entraîneur qui mettra Metz HB à terre. La priorité, c’est la structure et le club. Si on enlève un maillon, la chaîne se reconstitue. Le modèle, ce sont les grandes équipes telles que le FC Barcelone, la Juventus Turin et l’Ajax Amsterdam. Je rappelle qu’à la fin de la saison 2011-2012, nous avions vu partir des grandes joueuses, notamment Allison Pineau, Amandine Leynaud et Claudine Mendy. La saison suivante, Metz HB était à nouveau champion de France.

Outre les internationales qui composent votre équipe, des jeunes issues du centre de formation sont régulièrement lancées …
Emmanuel Mayonnade doit tenir un cahier des charges terrible. Il doit tout gagner tout en incorporant des jeunes. À certains moments, l’équation est compliquée à résoudre. Il a la sagesse de le faire sur certains matches. Plutôt que de gagner de 10 buts, l’équipe est peut-être moins performante et s’impose avec moins de marge mais cela permet à nos jeunes de s’émanciper. Emmanuel a débuté à Rostov avec Méline Nocandy et Orlane Kanor qui ont parfaitement répondu présent. C’est un retour sur investissement. La formation est l’ADN de Metz HB. Économiquement, c’est une obligation et les joueuses connaissent les limites financières. J’ai coutume de dire : « Je ne paie pas beaucoup mais je pais toujours ». Je ne souhaite pas faire éclater notre politique de salaire. Il n’y a pas de raison de suivre la surenchère. Ce qui m’intéresse, c’est la longévité du club.

Participer au Final Four, n’est-ce pas votre récompense de président bénévole ?
Mon salaire de bénévole, c’est la qualification au Final Four. Aussi celui de tous ceux qui travaillent à mes côtés, qu’ils soient bénévoles ou salariés. En réalité, la déception de ne pas participer au Final Four aurait été pire que la joie d’y aller. Ce rêve de participer au Final Four a été accompli mais je ne l’ai pas vécu dans la joie. Après le match retour face à Bucarest suivi par 5500 spectateurs, nous avions une soirée importante avec nos partenaires, la ministre Roxana Maracineanu et des élus locaux. Il fallait être aussi à la hauteur sur ce terrain-là et je n’ai donc pas exulté à la fin du match.

Mais c’est bon parfois de festoyer après une victoire…
La fête est prévue le samedi 25 mai au soir, après le dernier match : la finale de la coupe de France. Cette qualification au Final Four et la présence de Metz dans les deux finales nationales, on la doit à Emmanuel Mayonnade. Je vois à quel point il bosse. C’est une folie tout ce qu’il fait. On sent aussi beaucoup d’investissement de la part des joueuses qui ne se rendront pas à Budapest pour participer. Elles sont remplies d’ambition.

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