Appelé pour la première fois en équipe de France A, Robin Cantegrel est l’invité de l’entretien du lundi. Le gardien de Pontault-Combault (24 ans) évoque son parcours avant d’enfiler le maillot frappé de 6 étoiles.

As-tu découvert la Maison du Handball ce midi en te présentant pour ce premier stage avec les A ?
J’étais déjà venu à deux reprises, notamment dans le cadre du 7 Masters coach. Mon club de Pontault-Combault participait en équipe support à cette formation.

Comment as-tu accueilli la convocation en équipe de France A ?
Je suis un compétiteur et j’espérais être récompensé à moyen terme. Si j’ai été sélectionné, c’est que les coaches s’inscrivent dans une logique de renouvellement. Ils ont sûrement plusieurs idées en tête et ils ont décidé de me tester. Je garde les pieds sur terre car je considère qu’il s’agit d’une convocation ponctuelle. Je vais essayer de remplir l’objectif qui me sera assigné. Si d’aventure, cela se passe bien alors, j’espère revenir mais je ne me projette pas encore.

En réalité, ce n’est pas la première fois que tu es appelé chez les A. Tu as déjà été sélectionné en équipe de France de Beach Handball ?
Pas tout à fait (sourire) car je n’ai pas joué de compétitions officielles. J’ai participé la saison dernière à un regroupement avec Franck Maurice. Il y avait notamment Rémi Desbonnet, qui incarne bien l’esprit du Beach, et Patrice Annonay. On m’a proposé d’essayer et j’ai estimé que c’était une opportunité de découvrir cette discipline qui est de plus en plus institutionnalisée. Le stage était organisé à Aix-en-Provence et j’avais passé un bon moment.

Dans quelles conditions as-tu débuté le handball ?
Mon père, Bertrand, est au Conseil d’Administration du HBC Nantes depuis une trentaine d’années. À la fin de sa carrière amateur, en équipe 3 du club, il constituait la paire de gardiens avec l’actuel président, Gaël Pelletier. Il est aussi speaker du club et il anime les matches avec Dominique Bouziane. C’est donc un peu par filiation que je suis arrivé au hand, à l’âge de 12 ans.

Mais tu n’avais jamais joué auparavant ?
Si si, vers l’âge de 6 ans mais je jouais dans le champ et cela ne m’avait pas trop plu. J’ai joué quelques années au rink hockey, cette fois dans le champ. J’étais attaquant. J’ai eu un problème de croissance et j’ai dû arrêter un an et demi. C’est seulement ensuite que j’ai débuté dans les buts au hand.

Pourquoi avoir quitté Nantes où tu es né et où tu as suivi toute ta formation ?
Je constatais que le club était en pleine la transition et qu’il visait des performances en Ligue des Champions. En ce sens, le recrutement était tourné vers des gardiens internationaux de plus de 30 ans. Même si je souhaitais effectuer ma formation à Nantes, je n’avais pas forcément l’objectif d’intégrer l’équipe première. Simplement, c’était facilitant des rester à Nantes qui dispose d’un très bon centre de formation. Puis j’ai eu une proposition de rejoindre Pontault-Combault par Sébastien Quintallet, qui entretient une relation étroite avec Thierry Anti, et le feeling est bien passé.

Revenir à Nantes constitue-il un objectif ?
J’avais besoin de partir de Nantes pour m’émanciper, de faire mes armes ailleurs et de me mettre en danger. À court terme, cela ne fait pas partie de mes objectifs, peut-être plus tard. Je me suis engagé pour deux années avec Cesson-Rennes.

As-tu déjà des affinités avec certains joueurs de l’équipe de France ?
Particulièrement avec Romain Lagarde sur lequel je vais pouvoir m’appuyer cette semaine. On se connait bien évoluer car nous avons évolué ensemble à Nantes, notamment lors de la montée de N2 à N1. Nous avons partagé le même appartement, avec Florian Delecroix, pendant 2 saison. Mais lorsque j’avais 14 ans, le premier que j’ai croisé, c’est Nedim Remili, lors des interligues, Pays de Loire face à Life.

A quelle collaboration t’attends-tu cette semaine avec tes collègues gardiens ?
Je ne suis avide d’avoir des discussions et des conseils. Ici, j’ai tout à apprendre. J’ai seulement 24 ans et je cotoie Vincent Gérard qui est champion du monde. Cela ne peut que m’apporter en terme d’expérience, extra-sportive ou propre à l’entraînement. Et Vincent a toujours eu un petit mot sympathique après les matches.

Qui sont tes modèles ?
Depuis que j’ai débuté le hand, c’est Niklas Landin qui m’inspire le plus, celui vers qui je tends à ressembler même si je suis différent physiquement. C’est difficile de sortir d’autres noms en particulier. Je m’inspire de plein d’autres gardiens. Bien sûr Thierry Omeyer est emblématique avec la soif, la hargne et je crois qu’il est inspirant pas seulement pour les gardiens. En fait, j’essaie de m’imprégner des bonnes choses de chacun. J’ai notamment vu évoluer à Nantes, Matias Schulz, Marouène Maggaiez et Gorazd Skof.

Quels posters avais-tu dans ta chambre, chez tes parents ?
Celui de l’équipe de France sur le podium des J.O. de Pékin 2008. Également Luc Abalo et Thierry Omeyer. J’aime aussi le foot et j’avais aussi un poster de Cristiano Ronaldo.

Comment expliques-tu ce choix du poste de gardien ?
D’abord j’ai vu mon père joué à ce poste-là. Je crois aussi que j’ai été attiré par le côté individuel du poste. Tu es concerné tout le temps et tu es mis en valeur. Lorsque tu es performant, c’est génial. En revanche, tu es la première cible liée à la défaite. J’apprécie aussi ce mélange entre l’élasticité, la souplesse et la stabilité que nécessite le poste.

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