Nathalie Lassalle, vice-Présidente, chargée du territoire, du développement et du service aux clubs de la Ligue Île-de-France, revient sur le Séminaire Service Civique qui s’est tenu à la Maison du Handball les 5 et 6 avril.

Quel est votre parcours dans le handball jusqu’à votre fonction de dirigeante ?
J’ai découvert le handball à l’université, dans un milieu très masculin. Ensuite, c’est au travers de mon mari, arbitre national pendant une vingtaine d‘années, que ma passion pour ce sport s’est développée. Parallèlement, je me suis investie dans le club de Torcy Handball Marne-la-Vallée. Au moment de la fusion des deux Ligues d’Île-de-France (LIFE et PIFO), j’ai été sollicitée par Georges Potard qui a souhaité intégrer plus de femmes. Il avait tout simplement entendu parler de moi.

En quoi consiste votre mission au sein de la Ligue Île-de-France ?
Elle concerne le développement qui est complexe sur ce grand Territoire que constitue l’Île-de-France. En somme tout, sauf la compétition. L’objectif est la mise en place des nouvelles offres de pratiques telles que le Babyhand, le Handfit et le Handensemble, en direction de publics handicapés avec des pratiques spécifiques (fauteuil et adapté). Nous y associons les licenciés traditionnels afin de mixer les pratiquants et créer du lien social. Nous menons également des actions avec l’association Premiers de Cordée (action de santé en milieu hospitalisé).

Quels sont les liens de la Ligue Île-de-France avec le milieu scolaire ?
Nous entretenons une relation étroite avec les trois grands acteurs du milieu scolaire : USEP, UNSS et FNSU. Avec le Hand à 4, nous disposons d’un handball plus facile à pratiquer dans des situations hors gymnase, sur une pelouse, un terrain de foot, un playground... Le milieu scolaire est très friand de cette pratique plus simple que la mise en place de collectifs à 7 contre 7.

Quels sont les enseignements que vous retirez du séminaire Service Civique organisé par la FFHandball ?
Le partage d’expérience avec les acteurs des autres Territoires, pour chacun un élu et un salarié, est très enrichissant. Le séminaire a permis d’échanger autour des problématiques et de faire le point sur nos manques. Il faut un certain niveau de compétences pour accompagner la démarche du Service Civique, en ce sens le séminaire nous a beaucoup apporté. J’étais naturellement accompagnée de notre salariée spécialisée dans la mise en place et le suivi du Service Civique, Béatrice Cosnard. C’est un plus que la fédération nous aide à mieux maîtriser ce projet qui nous tient à cœur. Le Service Civique nécessite de la rigueur dans son application et il constitue une grande responsabilité.

Quelle est la place du Service Civique dans le développement de la Ligue Île-de-France ?
Depuis 2 ans, le Service Civique est devenu un enjeu fort, notamment dans le cadre des actions qui ont accompagné l’EHF EURO 2018 féminin. La Ligue avait à cœur, c’est toujours le cas bien sûr, d’encourager les projets pour valoriser les femmes dans les structures. Elles sont souvent cantonnées aux fonctions de trésorière ou de secrétaires et notre objectif est de compter plus de dirigeantes, d’entraîneures, d’encadrantes. Plus largement, le Service Civique permet d’accompagner et d’aider les clubs à se structures et à se développer. Le Service Civique est venu compenser ou remplacer une partie des missions d’accompagnement que pouvaient réaliser les emplois aidés qui ont disparu.

En quoi consiste l’accompagnement des clubs ?

La Ligue est le garant du champ d’application du Service Civique. Nous devons vérifier si la démarche est valide, notamment qu’un Service civique ne se substitue aux missions d’un salarié ou d’un entraîneur. Une fois le dossier validé, le profil et le rôle du tuteur au sein de la structure, sont étudiés puis le projet est formalisé. Après trois mois, la Ligue vérifie que le tuteur et le Service Civique sont bien en phase et que les missions correspondent bien à ce qui avait été défini.

Quelles sont les missions prioritaires du Service Civique ?
Il s’agit avant tout d’une démarche citoyenne. Le Service Civique peut être missionné sur différentes tâches. Créer du lien social est un enjeu fort au sein des clubs : entre les parents et les entraineurs, entre les parents et les dirigeants, au travers d’actions de rassemblement. Le soutien scolaire peut aussi entrer dans le cadre d’un Service Civique. Accompagner les collectifs jeunes, en particulier féminins, peut également constituer une mission.

Combien de Services Civiques comptez-vous sur le Territoire de la Ligue Île-de-France ?
Lors de la première saison, une quarantaine répartie sur tout le Territoire. Pour la 2e année, nous avons doublé l’effectif avec exactement 82 Services Civiques sur la saison 2018 en 2019. C’est un volume considérable au regard du travail administratif et de suivi à fournir. La Ligue Île-de-France ne pourra pas aller au-delà de 120 dossiers car cela mobilisera plus de ressources humaines. Nous avons à ce jour seulement trois agents de développement pour couvrir toutes nos actions et le pilotage de nos projets de développement. A ce jour seule Béatrice Cosnard est la salariée dédiée et formée au service civique.

La Ligue Île-de-France a-t-elle déjà organisé un séminaire spécifique au Service Civique ?
Pas encore et c’est l’un de nos points faibles dans l’accompagnement. C’est en effet important de mettre des points de rendez-vous et d’échanges. Nous devons faire face à deux difficultés qui sont étroitement liées : la dimension de notre Territoires et le coût de l’opération. C’est pourquoi, dans un premier temps, la Ligue s’appuie sur ses Territoires. Cette année, nous espérons mettre en place deux rendez-vous, un au Nord de la Ligue, l’autre à la Maison du Handball, afin de limiter la déperdition des participants. À l’avenir, pour plus d’efficacité, l’objectif sera de disposer de quatre lieux de formation tournant sur notre Territoire.

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