#Entretiendulundi - Marie-Albert Duffait

Le président de la Ligue Bourgogne - Franche-Comté est l’invité de l’Entretien du Lundi. Membre du Conseil d’Administration de la FFHandball, Marie-Albert Duffait revient sur l’assemblée générale de la fédération et évoque aussi son intervention sur le séminaire de formation professionnelle des acteurs en quartier politique de la ville et zone rurale qui s’est déroulé samedi et dimanche à la Maison du Handball.

En quoi consistait ton intervention sur ce séminaire organisé par la FFHandball à destination des bénévoles et des chargés de développement de clubs et de Comités ?
Il s’est tenu tout le week-end à la Maison du Handball. Mon intervention était axée sur la dynamique de projets. J’ai témoigné sur la nécessité de mettre en place des réseaux sans lesquels rien n’est possible.

Quel exemple as-tu présenté ?
Un sujet que je connais bien, à savoir les réseaux bâtis autour des maisons familiale et rurale. Ou comment relier un réseau scolaire par alternance, ce qui n’est pas facilitant, notamment dans le milieu rural, avec le handball. Et comment fédérer les enseignants de sport. Au-delà de ces exemples, j’ai apprécié les échanges et les partages d’expérience.

À partir de ton expérience de terrain, quels sont les quelques conseils que tu as partagés ?
Avant de décider la mise en place d’une action de développement, il est nécessaire d’effectuer une lecture de paysage. C’est-à-dire procéder à une analyse globale d’un Territoire pour arriver à mieux le faire fonctionner. L’idée est de savoir comment s’approprier un paysage une fois enlevé tous les filtres personnels qui orienteraient l’analyse. Si un dirigeant de club m’explique des choses que j’aime entendre, et bien je dois en tenir compte mais aussi les évacuer pour voir mieux et plus loin. Je ne suis pas favorable aux juxtapositions d’activités sans liens afin de donner du sens. L’idée est de bien connaître l’environnement du Comité et du club et de développer les actions les plus appropriées en utilisant les offres de pratiques mises en place par la FFHandball : babyhand, handfit, Beach Handball…

Revenons sur l’assemblée générale organisée les 26 et 27 avril à la Maison du Handball. Quels sont les moments qui t’ont marqué ?
Je suis administrateur fédéral et j’avais décidé de transférer mon vote au secrétaire général de la Ligue. Par conséquent, je n’étais pas délégué et je n’étais pas attentif de la même manière. L’AG est un moment de liberté qui permet d’échanger avec les représentants des Territoires pour justement évoquer leur lecture de paysage. Il y a toujours des exemples chez les autres qui peuvent nous aider à avancer. Mais certaines choses me font bondir, notamment la remise en question de décisions fermes votées les années précédentes. Je pense par exemple au financement de la Maison du Handball. C’est méconnaître l’histoire de cette MDH et ce qu’elle apporte déjà et continuera à nous apporter. J’ai apprécié la belle idée qui consistait à présenter le personnel fédéral lors des différentes interventions. Cela a permis de mettre des noms sur certains visages.

En quoi la Maison du Handball est-elle un outil pour les Territoires ?
L’hiver dernier, dans le cadre de notre Pacte de développement territorial, nous sommes venus en séminaire avec nos huit Comités. Les tarifs ne sont pas plus élevés qu’ailleurs : les possibilités offertes sont remarquables et j’estime que c’est symbolique et fort de profiter du terreau de la Maison du Handball. La relation avec la fédération, c’est du gagnant-gagnant. Elle demande aux Territoires de s’investir qui parallèlement ont besoin de nouvelles formations pour mettre en place les nouvelles offres de pratique. Les échanges de compétence sont nombreux, à tous les échelons, et bénéfiques.

As-tu des craintes avec la mise en place de l’Agence Nationale du Sport qui se substitue au CNDS ?
Le modèle économique change donc il faut aller au combat. Sur le Territoire de Bourgogne - Franche-Comté, nous avons établi le budget 2019 sans les financements de l’ANS. Tout financement sera donc un plus en direction de la formation et du développement. Un groupe travaille déjà sur notre Pacte de développement afin de préparer la redistribution du financement qui nous sera attribué.

Quels sont les critères d’attribution de votre Territoire ?
Aujourd’hui, nous n’allons pas suffisamment jusqu’aux clubs. Si un club est bien structuré, alors les bénévoles viendront. Lors de l’AG de Nancy en 2015, j’avais présenté le Pacte de développement national. Je croyais déjà fortement en la nécessité de nous projeter jusqu’aux clubs. En Bourgogne - Franche-Comté, nous avons monté un comité territorial force proposition avec les différents acteurs du Territoire pour mettre en place des critères de performance, tant en qualité qu’en quantité. Ces critères, c’est l’ADN de notre Territoire. Cela permet de tous nous inscrire dans la dynamique de la fusion. Aujourd’hui, les clubs sont souvent uniquement concentrés sur les championnats. À nous de les orienter et les guider sur leur projet, qu’il soit départemental, régional ou national. Analyser, échanger et évaluer : dans six mois nous procéderons à une évaluation des sommes utilisées pour leur donner un coup de pouce. Le 23 mai prochain à la Maison du Handball, nous présenterons notre Pacte de développement territorial à Joël Delplanque et son équipe : Macky Biojout, Alain Koubi et Alain Jourdan.

Comment mesures-tu l’impact de l’EHF Euro 2018 avec la réception d’un groupe à l’Axone de Montbéliard ?
La qualité du spectacle, dans cette poule de la mort, était au rendez-vous. Avec un taux 82 %, notre site a affiché le meilleur remplissage des sites de l’Euro. L’étude réalisée par Infront démontre que nous avons attiré une part importante de spectateurs qui ne sont pas issue du handball. L’impact sur l’économie locale n’est pas encore finalisé mais indéniablement il y a eu des retombées.

Cette organisation a-t-elle permis de tisser des liens durables avec les collectivités territoriales ?
Nous avons sensibilisé les responsables politiques des collectivités, qui ont multiplié les efforts, ainsi que le public du handball et au-delà. Nous avions la volonté de réaliser un investissement pour le handball féminin et le handball en général. Il s’agissait d’une action de développement, à nous de capitaliser dessus et à la faire fructifier.

Quels sont les bénéfices pour le handball féminin sur votre Territoire ?
L’accueil de l’EHF EURO 2018 nous a permis de travailler sur l’image du handball féminin et nous escomptons des retombées positives rapidement. Pourtant le contexte était difficile avec l’organisation du Trophée les Champions de LidlStar Ligue qui a attiré des sponsors en début de saison et la concurrence du site de Nancy où se produisait l’équipe de France. Le Bourguignon Franc-Comtois est tenace et ne lâche rien.

Professeur d’EPS, quel est ton regard sur la remise en cause du statut des CTS ?
Lors des Interligues organisés à Saint-Dié-des-Vosges, j’ai échangé avec quelques-uns ou encore avec Joëlle Demouge qui m’a confié se battre pour ses jeunes collègues. Les CTS réalisent un travail énorme. Parfois, cela peut frotter mais ne pas être salariés d’une Ligue ou de la fédération leur permet de prendre du recul. Cela me chagrine vraiment que l’on remette en question leur statut sachant que le Territoire ne sera pas en capacité de les prendre en charge financièrement et de pérenniser leur statut. Le travail des CTS est une super plus-value pour un Territoire. C’est pourquoi, je n’arrive pas à comprendre le raisonnement du ministère des sports. C’est nier aussi l’investissement des bénévoles qui travaillent à leur côté pour faire vivre une économie, un véritable service public non rémunéré.

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