Championne du monde en 2017 mais non retenue pour l’EHF EURO 2018, Blandine Dancette effectue son retour au sein de l’équipe de France qui prépare depuis dimanche, à Créteil, les trois matches de la 3e étape de la Golden League.

Quelle blessure t’a empêchée d’être compétitive pour l’EHF EURO 2018 ?
Cela s’est joué à quelques semaines. J’avais mal au pied gauche depuis la fin de la saison dernière. J’ai joué dessus pendant un petit moment et il s’est avéré que je souffrais d’une fissure de l’aponévrose. J’ai bien repris en septembre et j’ai débuté la saison sans douleurs mais à partir de la mi-septembre, elles sont revenues, au point que j’avais des difficultés à poser le pied par terre. Après consultation de spécialistes, nous avons refait des examens et il est apparu que mon talon était mal placé. Avec la fabrication d’une nouvelle paire de semelles, c’est beaucoup mieux. Puis j’ai participé au deuxième stage avec l’équipe de France, fin octobre. C’était pour moi une période compliquée car le club n’était pas favorable à ma reprise et du coup, sans la possibilité de jouer, je n’avais plus d’opportunité pour postuler à l’euro.

On imagine aisément que ce fut un crève-cœur…
C’est sûr que c’était un grand objectif dont on parlait depuis tellement longtemps. Disputer un tel événement en France, devant sa famille… cela faisait rêver. Mais je ne l’ai pas vécu comme une punition. D’autres filles étaient meilleures que moi à ce moment-là et je ne méritais pas ma place. Certes, c’était frustrant de me trouver en tribune, mais j’ai dédramatisé et je n’avais pas de raisons de faire la gueule. J’avais envie que les filles performent et qu’elles deviennent championnes d’Europe. Pour l’image de l’équipe de France, c’était aussi important de remporter pour la première fois cette compétition, à domicile.

L’Euro n’est décidément pas ta compétition de référence…
À chaque fois, j’étais blessée ! Si je ne devais jamais remporter de médaille européenne, j’ai tout de même eu la chance de décrocher un titre mondial, une médaille d’argent olympique et deux médailles d’argent mondiales. Je ne renonce pas mais je ne serais pas frustrée. J’ai eu aussi la joie de remporter la Challenge Cup avec Nîmes. Je me suis fait plaisir et l’objectif est également d’aller chercher quelque chose avec Nantes.

Comment ne pas renoncer avec ces blessures qui empoisonnent ta carrière ?
Cela m’a énervé à chaque fois : on n’a jamais envie d’être blessée. Je me suis toujours battue pour revenir à mon meilleur niveau. J’ai toujours été motivée pour en faire plus et j’ai toujours mis les bouchées doubles. Je n’ai qu’un seul but : me faire plaisir sur le terrain.

Comment as-tu vécu cet EHF EURO 2018 ?

J’ai vibré avec les filles. J’ai pu aussi les rencontrer à l’hôtel, à Nantes. Mais je n’ai pas pu voir tous les matches. Avec mon club, cela s’est mal goupillé à cause du planning d’entraînement et un match amical à Lanester, juste avant France - Serbie. J’ai eu la chance d’être invitée par Radio France et Xavier Monferran pour commenter la finale à Paris. Je le remercie car je me suis régalée.

Qu’as-tu pensé de la qualité du jeu déployé par l’équipe de France ?
J’ai trouvé que l’équipe de France était pleine d’envie et de sérénité. J’ai pris du plaisir à la regarder jouer, je ne sentais pas de peur. C’était peut-être un peu moins précis en défense mais Doudou (Amandine Leynaud) a fait un superbe Euro. C’est surtout en attaque que des joueuses se sont révélées. Je pense notamment à Estelle Nze-Minko qui a réalisé une compétition extraordinaire. Elle a fait du bien à l’équipe qui, dans l’ensemble, jouait bien, lâchait les ballons.

As-tu été surprise d’être rappelée au sein d’un groupe intact depuis l’Euro ?
Sur le coup oui, j’ai vraiment été surprise d’autant qu’Olivier ne m’avait pas appelé en amont. Après une si belle compétition, je pensais qu’il prendrait exclusivement les filles sacrées championnes d’Europe. Donc, je ne m’y attendais pas du tout. Je suis contente car j’ai bien travaillé sur les mois de janvier - février. Je n’ai plus de douleurs au genou et au pied. Physiquement, je me sens bien.

Olivier Krumbholz te témoigne sa confiance au moment où le groupe repart sur un nouveau cycle…
Pour le moment, je suis dans la liste pour la Golden League. Lors du stage, il va peut-être évoquer l’avenir avec le groupe. Si Olivier m’a rappelé, c’est qu’il compte sur moi et qu’il laisse la porte ouverte pour les sélections à venir. J’ai la chance de faire partie d’un groupe élargi. Mais le contexte est différent avec mon retour en 2016 : les joueuses ne sont pas les mêmes : Laura Flippes et Pauline Coatanéa ont montré leur valeur en attaque et en défense. Elles performent aussi dans leur club.

Tu es engagée avec Nantes LA jusqu’en 2020. Sais-tu comment s’écrira la suite ?
Je suis en effet sous contrat jusqu’à la fin de la saison prochaine et j’aurai alors 32 ans. Je suis à l’écoute de mon corps car je n’ai pas envie de finir cabossée. Avec le coach danois Allan Heine, qui arrive toujours à l’entraînement avec le sourire, j’ai envie de continuer à jouer et à prendre du plaisir, tout en préparant mon après carrière.

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