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Entretien du Lundi - Philippe Bana : « Il faut d’urgence accélérer tous les Handballs »

Alors que se profile le week-end prochain la 10e édition des Rencontres Nationales du Handensemble au Kremlin-Bicêtre, le Directeur Technique National, Philippe Bana, effectue un point sur les autres pratiques non-compétitives.

Voici dix ans que la FFHandball a lancé le Handensemble avec le Handfauteuil et le Handadapté. Comment s’inscrivent ces disciplines dans l’offre de pratique de la FFHandball ?
Elles sont complètement intégrées dans la vie du club ; inclusives, elles mixent les valides et les non valides dans un vraie idée de société de partage. Le Handensemble (handadapté/handfauteuil) se propose jusqu’à présent sous une forme loisir, conviviale, plurielle. Cette formule plait aux clubs qui voit dans cette pratique une fonction sociale importante, une façon de proposer du Handball adapté et qui implique tous les licenciés des clubs dans un projet partagé et fédérateur. M’asseoir dans un fauteuil pour partager le Hand ensemble a été pour moi une des sensations les plus fortes vécues en Handball ; une vraie réflexion sur le « vivre ensemble ».

Quel est le niveau de développement du Handensemble dans les nouveaux Territoires ?
Un peu plus de 1200 licenciés à ce jour (handi/valides) pratiquent du handadapté et du handfauteuil.
Les « fondations » fédérales se consolident, les clubs sont aujourd’hui dans une spirale positive : formation, pratique régulière, événements locaux, utilisation de plus en plus de matériel adapté (tels que des fauteuils sports), mieux ancrés dans l’environnement et une meilleure connaissance des partenaires potentiels qui accompagnent le handicap. Il y a des bassins de pratique plus anciens qu’ailleurs, mais on sent bien une propagation qui va bien avec les valeurs du Hand.

Est-il envisageable que ces deux pratiques non compétitives ou l’une des deux évoluent vers un format de compétition ?
Aujourd’hui la FFHandball doit entendre des pratiquants qui s’entrainent de manière régulière et qui souhaitent voir évoluer leur discipline d’une façon plus compétitive et des pratiquants qui n’auront pas la capacité à pratiquer un Handball compétitif et qui souhaitent conserver une pratique partagée et conviviale.
Je me suis battu cette dernière année pour obtenir la délégation du Ministère afin de pouvoir structurer la partie compétitive en lien avec les fédérations dites « spécifiques » (FFHandisport, FF Sport adapté) on va déjà obtenir ces droits via une convention avec ces deux fédérations qui nous laissent l’organisation en partenariat avec elles. Nous réfléchissons avec la FF handisport à la mise en œuvre d’une compétition de type Coupe de France ; ce serait super…
Nous sommes aussi à table avec la CCA pour réfléchir sur les modalités de formation des arbitres (adapté et fauteuil).Il faut innover, accélérer, arrêter de regarder nos médailles et fabriquer celles de demain pour tous les Handballs.

Quel est l’avenir de ces deux disciplines sur le plan international ? Dans l’optique des Jeux paralympiques de Paris 2024, le Handball peut-il prétendre à une intégration via le Handensemble ?
Pour avoir fini tous les J.O. depuis 2000 avec l’arrivée des paralympiques, j’ai pu comprendre la ferveur des athlètes paralympiques, je comprends l’envie de nos handballeurs de vivre aussi cela. L’EHF nous a demandé la semaine dernière d’entrer dans l’univers du « wheelchair » au plus vite avec les championnats d’Europe déjà existants ; nous travaillons avec les fédérations nationales et internationales pour avancer. Le premier étage de la fusée est la compétition maîtrisée et intelligente, le reste suivra vite.

Avec le Hand à 4, le Handball est-il est en mesure d’investir les play-grounds à l’instar du basket-ball et de conquérir un nouveau public ?
Plus qu’un mauvais clone du Basket 3x3, le Hand à 4 est un vrai « couteau suisse du Handball », il est fait pour tous les publics, il est vraiment intergénérationnel, simple, ludique et convivial.  Il répond à tous les besoins des nouveaux pratiquants (espace de jeu, matériel simplifié facile à mettre en place, règle du jeu simple avec un accès au but facile, c’est l’outil scolaire idéal pour garder la place du hand dans notre école et à l’UNSS.
Il peut se jouer partout en intérieur, extérieur. Il est une de nos réponses à tous ceux qui disent que les fédérations n’attirent que des licenciés compétitifs. Nous avons entamé avec notre cellule Éducation Nationale une formation des enseignants EPS importante et novatrice pour rester dans l’école.
Après, comme pour toutes ces pratiques innovantes, je trouve, qu’au Handball, nous ne sommes pas assez offensifs, car elles sont notre avenir. Nous devons vraiment accélérer, ne pas se contenter des formations et de la définition de la pratique en attendant que çà vienne.

Le mini-hand peut-il servir d’exemple ?
Nous avons vraiment changé le Hand avec le minihand lancé en 98 ; mais nous avions fait une nouvelle pratique, conventionné avec l’Education Nationale, développé un nouveau matériel, créé de l’événementiel avec les grands stades dans toute la France, fait des formations, de la communication ……
Il faut qu’on se mette un coup de pied au derrière pour rester les premiers sur les pratiques non compétitives, ne pas se contenter des 140.000 enfants de moins de 12 ans, mieux travailler la connexion non compétitif-compétitif, parler à tous les français, tous les âges, qui demandent des choses différentes.
Avec Pascale Jeannin, élue au CA, nous souhaitons en faire un thème de Conseil d’Administration pour prendre conscience des enjeux du 4x4.

Le Hand à 4 est-il une pratique qui pourrait avoir un destin international ?
Chaque pratique, chaque produit fabriqué par le Handball a une ciblage et un positionnement comme on dit dans les écoles de commerce ; celui là a plutôt comme objectif d’ouvrir le Handball au plus grand nombre.
Le Hand à 4 est un starter de la pratique, une pratique facile pour tous âges ; il a une vocation large ; avec l’UNSS elle prendra un destin compétitif. Après, un produit se développe avec des stades différents ; là on est au stade de démarrage ; déjà si on passe la première, on pourra chercher la seconde….

Le basket 3x3 effectuera déjà son entrée aux J.O. de 2020 à Tokyo. Est-ce à dire qu’il vaut mieux miser sur le Beach Handball qui semble plus à même de postuler au programme des J.O. ?
Oui j’enrage de notre retard dans l’univers olympique, on a vraiment pris du retard.  Le Basket 3x3 a une olympiade d’avance, le Rugby à 7 fera ses 2èmes JO à Tokyo ! Ce sont maintenant 2 sports permanents pour Paris 2024… Et sans parler du Futsal qui dévore nos créneaux et du Beach Volley ancré depuis 20 ans aux JO.
Le Beach est une opportunité formidable, car plus universelle que le Hand à 7 ; elle peut permettre au Handball d’atteindre l’universalité et la mondialisation qui lui manque, de voir qu’il n’y a pas toujours France - Norvège en finale. Il faut que chacun comprenne que l’avenir de notre sport passe par sa diversification et son élargissement, sinon…

Depuis deux ans, la FFHandball a investi le sable avec le lancement des équipes de France de Beach Handball. Quel est le niveau de compétitivité de ces équipes et quand pourra t’on viser un podium international ?
On est à la fois loin et prés ; après l’année dernière encourageante de démarrage des 2 équipes au championnat d’Europe (7ème et 13ème), nous sommes passés aux choses sérieuses et difficiles, avec la stabilisation de deux équipes de France, ce qui n’est pas chose facile.
Le mondial féminin de Russie en juillet et les tournois internationaux masculins nous permettront de voir nos progrès cet été. Pour nous le Beach est un diesel, car nous rattrapons notre retard de 10 ans dans la pratique ; mais on ne sait jamais il peut être un turbo diesel….

Quel est le plan mis en plan pour assurer le développement du Beach Handball alors qu’il sera sera en sport de démonstration aux J.O. de Tokyo ?
Il sera là comme un « show case » à Tokyo comme disent les Japonais, c’est à dire une démonstration de l’IHF et du CIO pour communiquer sur ce sport. La montée en charge de nos équipes seniors est démarrée et nos cadres sont stabilisés. Plus de cadres sont maintenant investis dans le groupe dont Eric Quintin reste (avec Jean-Louis Guichard) l’homme à tout faire, des anciens comme Guéric Kervadec, des coachs comme Frank Maurice, arrivent.
Mais c’est surtout le lancement du Parcours de Performance Beach des jeunes qui nous apporte beaucoup cette année ; c’était un projet ambitieux réussi grâce au choix d’un seul parcours de détection avec les sélections nationales de Hand à 7 et de Beach. Cela a permis de trouver des potentiels riches en garçons et en filles, et de mesurer encore une fois l’apport possible des ultramarins.

Comment répondre aux sollicitations des instances internationales ?
Il faut être présent partout pour exister ; former nos entraîneurs aux diplômes européens de Beach, former les arbitres et les délégués ; assister aux colloques et aux négociations internationales avec notre réseau…
Il faut aussi fabriquer des événements et une pratique saisonnière régulière ; là c’est plutôt les territoires qui vont aller plus vite que la FFHandball, en montant leur premiers tournois régionaux cet été. On a eu la bonne nouvelle la semaine dernière de voir désigner Jérôme Roland comme arbitre international du Mondial en Russie. Cà bouge mais il y a de la route!!!

Comment candidater pour les J.O. de Paris 2024 ?
Le chemin est clair : Le Beach Handball est inscrit au programme des Jeux olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires en Octobre 2018, ensuite le CIO (et lui seul car il s’agit d’une discipline complémentaire au Handball et non d’un nouveau sport) peut nous faire entrer comme sport permanent aux JO de 2024. Anne Hidalgo et Tony Estanguet ont témoigné de leur intérêt à l’IHF. Le lobby de tous sera nécessaire et on n’est pas nombreux.

La tâche parait tout de même considérable…
Après, vous savez, dans tout ce chantier permanent du Handball, aussi lourd et fort que celui de la Maison du handball, il ne faut pas oublier le handfit. C’est un véritable prolongement de l’activité Handball dans un esprit de plaisir, de maintien de sa santé et de bien-être, un outil de la maison Handball pour être un vrai acteur de santé ; il est en plein essor avec des clubs qui se forment (animateurs, coach handfit)… Nous aurons, pour sourire, en communication une séance handfit Euro 2018 avec le concours de l’Equipe de France féminine et en utilisant la musique de l’Euro 2018 !!!
Il ne faut pas oublier non plus le babyhand, qui doit aussi exploser dans les clubs avec un concept familial, avec un positionnement qui rappelle celui des bébés nageurs, avec des formations spécialisées dispensées en territoire. Un gisement important pour démontrer que notre sport est familial. Il y a largement de quoi passer les 600.000 licenciés
Il n’y a plus un seul handball mais des handballs, à chacun le sien, à chaque âge, et à chaque besoin.
Parlez en, pratiquez les tous !!!
Accélérons les Handballs.

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