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#Entretien du lundi - Pascal Baude : « J’espère qu’elle sera encore plus brillante. »

La nouvelle formule de la coupe de France mise en œuvre lors de la saison 2009-2010, fête sa 10e édition. Concepteur et toujours aux commandes de l’épreuve, Pascal Baude revient sur la réflexion qui avait conduit à une formule innovante et pérenne.

Comment est née l’idée de réformer la coupe de France ?
L’impulsion a été donnée par Joël Delplanque qui se préparait à la présidence de la fédération. Nous avions assisté à la finale de la coupe de France à Mulhouse en 2007 dans un format et une présentation qui ne correspondaient pas à l’image souhaitée pour un tel événement. Cette coupe de France n’intéressait personne et deux options se profilaient : soit la supprimer, soit la réformer.

Comment as-tu imaginé les bases de la réforme ?
J’avais assisté à un match à Grenoble qui s’était achevé par 50 buts d’écart. Cela n’avait pas beaucoup de sens d’opposer des équipes avec une telle différence de niveau. L’idée est née de séparer les trois niveaux, départemental, régional et national. Il a fallu imaginer une formule viable, conviviale et présentant le moins de contraintes, le tout sans détruire les coupes régionales ou départementales parfois très ancrées dans la tradition, par exemple en Alsace et en Vendée. Nous avons découpé la France en huit secteurs afin d’atteindre le nombre maximum de 128 équipes par secteur (soit 64 matches) pour le premier tour, tant pour le niveau régional que départemental. Les secteurs sont adaptés en fonction de la densité des clubs de l‘hexagone.

Une fois la nouvelle formule concoctée, il a fallu la faire voter…
C’est sûrement l’intuition politique car Joël Delplanque a été conquis et il a su trouver les arguments pour convaincre les dirigeants de la France du Handball. Les présidents de Ligue craignaient que les coupes régionales soient reléguées au second plan. Toutes les équipes ont été invitées à participer et les pénalités financières ont été enlevées.

Malgré les difficultés d’un changement de formule, comment la nouvelle coupe de France a t’elle obtenue ses lettres de noblesse ?
Les présidents de Ligue ont soutenu la réforme. C’est aussi grâce à la communication des sites internet spécialisés, je pense notamment à Handzone, qui ont communiqué positivement dès la 1ère année. S’il avait plombé la nouvelle formule, il y aurait eu des incidences. Lors de la première édition, 2416 équipes ont participé sur un potentiel de 3182. Il y avait uniquement les équipes premières, dans un contexte où alors peu de regroupements d’équipes existaient. Dès la 3e édition, nous avons atteint un taux de participation des clubs de 88 %.

Un tel succès que depuis certaines équipes se sont montées de toutes pièces pour accéder à la finale, vous obligeant à revoir régulièrement le règlement de l’épreuve…
C’est vrai pour certains clubs qui ont disparu mais il y a des contre-exemples, je pense au HBC Grabels qui s’est depuis développé avec la création d’équipes féminines et d’équipes jeunes. Sur l’aspect sportif, on ne mégote pas. Il a fallu composer et appliquer le règlement avec discernement, contourner sans sanctionner. Les joueuses et les joueurs qui mutent après le 1 janvier n’ont pas le droit de participer à la Coupe de France. Les finalistes départementaux ne peuvent pas participer à la coupe de France départementale : ils participent à la coupe de France régionale l’année suivante. Obligation pour les joueurs d’avoir participer à 5 rencontres officielles hors coupe de France avant le 5 février pour pouvoir participer aux finales de secteur, de zone et finale à BERCY.

Comment lever les freins des clubs sur le coût des déplacements ?
En réalité, l’intégralité des engagements est reversée aux clubs, sous la forme d’indemnités. Dès qu’un déplacement aller-retour atteint 300 km, le club bénéficie d’une indemnité d’environ 250 Euros. Ce sont ainsi 120 000 Euros qui sont reversés aux clubs.

Quelles sont les différences de traitement entre les équipes professionnelles et amateurs lors de la journée finale ?
Hormis la durée de la mi-temps, 10’ pour les finales départementales et régionales contre 15’ pour l’élite afin de répondre aux obligations médiatiques. Une joueuse, un joueur amateur ou un(e)e champion (e)e du monde : tous les participant(e)s sont traité(e)s de la même manière, par le haut.

Quelles sont les raisons du succès ?
Le triptyque déplacement - finances - organisation fonctionne dans un esprit basé sur le sportif et la convivialité. À ce jour aussi, il n’y a pas eu d’affaire de discipline grave. Le fait de monter à Paris, de jouer les finales dans la capitale, est un élément fort de motivation. Les finales de zones et secteurs sont également devenues de vrais événements. Devant ce succès, il n’est pas rare de voir des élus des collectivités territoriales assister aux matches.

Quel est ton plus beau souvenir ?
Toutes les finales sont belles mais celle de 2011 achevée par le duel entre Chambéry et Dunkerque, m’a beaucoup marqué. C’était une fête formidable, avec beaucoup de supporters de part et d’autre. Cette année-là, j’ai vraiment eu le frisson. J’ai le souvenir aussi d’une finale de zone disputée à Bougnols, le lendemain d’un quart de finale mythique de la coupe d’Europe joué par le MHB dans cette même salle. Plusieurs des joueurs avaient assisté au match et étaient heureux de jouer sur le même terrain.

Et le pire ?
C’est récent. Suite à un fait de jeu malheureux, le quart de finale de la coupe de France nationale 2017-2018 entre Nantes et Nîmes, demeure mon plus mauvais souvenir. Lorsqu’un match se termine avec un litige, quelle que soit la décision, elle ne peut pas être convenable. Chacun avait des arguments audibles. J’espère que cela ne se reproduira plus.

Quelle est ta principale crainte en terme d‘organisation ?
Ce que je redoute le plus, ce sont les grèves et les épisodes météorologiques. Avec un calendrier déjà très chargé, c’est très complexe, parfois impossible plus on s’approche de la finale, de trouver une date de report, notamment pour les clubs nationaux qui sont encore engagés dans les coupes d’Europe.

Comment se présente l’édition 2018-2019 ?
Aujourd’hui le taux de participation des clubs à la coupe de France est de 93 %. À l’issue du 1e tour, nous avons traité 1200 feuilles de match. On dénombre seulement 15 matches perdus par pénalité, mais sans sanction financière. Aujourd’hui, pour les finales de zones et de secteurs, il faut sélectionner les candidatures toujours plus nombreuses. Il n’y a pas de signes d’essoufflement, ni de baisse d’intérêt.

Comment vois-tu évoluer la coupe de France dans 10 ans ?
J’espère qu’elle sera encore plus brillante avec un taux de participation des clubs 100 % ! J’imagine aussi que nous refuserons du monde à l’Accorhotels Aréna, que les animations périphériques seront encore plus extraordinaires. Aussi que les finales de secteurs et de zones conserveront leur l’esprit convivial et de fête. Ce que je souhaite plus que tout, c’est de conserver la formule de la journée unique afin de conserver cet esprit : le rassemblement du Handball sur un lieu unique. Et peut-être, pourquoi pas, dans 10 ans, évoluer dans une Aréna plus vaste encore.

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