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#Entretien du Lundi - Laura Glauser : « Le Handball reste ma vie, mon métier, ma passion. »

Presque un an après l’annonce de sa maternité, Laura Glauser a renfilé la tunique tricolore la semaine dernière au Danemark. La Messine nous raconte cette parenthèse forcément particulière. Et son ambition intacte à tous les niveaux.

Que ressens-tu au travers de ce retour en sélection ?
Je suis très contente forcément de revenir parmi les Bleues. Mais je ne me suis jamais trop projetée et posée de questions par rapport à tout cela. Je vis vraiment au jour le jour et je prends les choses comme elles viennent. J’ai apprécié cette sélection parmi les copines dans le cadre de la Golden League. Cela faisait partie de mes objectifs de reprise. Mon travail a payé.

Comment as-tu vécu cette maternité en dehors des parquets ?
Très bien. Cela m’a permis d’abord de faire une pause dans ma carrière. Et en tant que femme j’ai vécu des moments extraordinaires. Ma grossesse s’est déroulée sans aucun problème de bout en bout. Je me suis découverte aussi différemment dans les tribunes. Je pensais que je ne prendrais pas de plaisir. Finalement, j’ai adoré encourager mes partenaires, en club ou en sélection.

En effet, nous t’avons vu autour de l’équipe de France pendant le Mondial, ou aux Arènes de Metz ensuite. Tu en ressentais le besoin ?
Oui. Ma manière de rester parmi elles sans être sur le terrain. C’était important pour moi de leur montrer que je n’étais pas loin. Attention, ce n’était pas dans le sens je veille sur ma place, mais plutôt essayer de leur amener ma force comme je pouvais. A défaut de jouer. Le Handball reste ma vie, mon métier, ma passion. C’était de toute façon inconcevable de m’en désintéresser durant ma grossesse.

Quel regard portes-tu sur le titre mondial acquis en ton absence ?
La France mérite amplement ce titre-là. Je suis bien placée pour savoir tout le travail qu’il y a derrière. Je l’ai vécu personnellement de différentes manières. J’ai fait le nécessaire pour être derrière elles et assister à la finale, je suis montée en Allemagne tout là-haut. Et c’était trop bon de voir les copines gagner.

Cela représente quoi pour cette équipe ?
Une récompense que tous les efforts consentis je pense. Maintenant, je ne l’ai pas vécu comme joueuse. J’ai été malgré tout très heureuse et très fière des filles et de ce staff. Ce n’est pas du tout une frustration de ne pas avoir été de l’aventure finale. J’assume mon choix. Ce n’est pas comparable d’être maman par rapport à un titre de championne du monde. Et puis si j’avais été là, cela aurait pu être un autre scénario. Je ne suis pas du genre à refaire le monde avec des « si ». J’ai vécu d’autres moments très forts aussi de mon côté.

Justement, devenir maman, cela change la vie, la personne, la joueuse ?
Totalement. A la base, je suis quelqu’un qui n’a pas du tout confiance en elle. Or, désormais, je dois apporter de la sûreté à ma fille et dans notre vie. Donc peut-être que je vois les choses différemment. Cela m’a amenée également à relativiser pas mal de choses. Ce n’est que du plus à tous les niveaux. Par exemple, si une séance d’entraînement se passe mal, je ne vais pas rester dans le négatif, j’ai aussitôt d’autres préoccupations. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas toujours à fond dans le Handball. Bien au contraire. Mais plus sereinement.

Comment as-tu préparé ce retour au fil de ta grossesse ?
Je voulais garder une activité physique tout au long de ma grossesse. Même si ce n’est pas toujours intense quand même. J’ai fait du vélo, de la musculation, par trop chargée non plus, jusqu’à une semaine avant d’accoucher. Puis j’ai été en contact avec mon médecin, celui de l’équipe de France, mon président et les préparateurs physiques de Metz ou de la sélection. Ainsi que ma sage-femme qui donnait le feu vert de ce que je pouvais faire. Du coup, j’ai fait ma rééducation du périnée à un mois plutôt que deux, et j’ai repris la course un mois et demi environ après la naissance de ma fille le 19 avril. Et j’étais prête pour attaquer la préparation avec Metz, dès le début à la mi-juillet. Ce fût un peu dur, mais j’étais tellement pressée de retrouver le groupe.

Il fallait sans doute trouver son rythme au quotidien, entre ta fille, les entrainements, la récupération, et très vite les premiers matches ?
Ce fût compliqué au départ. Je suis quelqu’un d’organisée et c’était plus facile lorsque je pouvais anticiper et me préoccuper que de moi. Heureusement, mon conjoint m’a beaucoup aidée, ma maman aussi, et même des amis qui m’apportaient de temps en temps des repas. Avec une nounou d’enfer, j’ai été franchement bien épaulée pour trouver mon rythme et me concentrer sur ma prépa.

Parle-nous maintenant de ce retour à la compétition, en club d’abord. Peut-on parler d’un nouveau départ ?
Oui. C’est plus facile cependant avec la même équipe, les mêmes ambitions et le même travail. Il y a la reprise personnelle, mais c’est dans la continuité collectivement. Je veux toujours autant gagner de titres, être performante. Je n’ai rien perdu de mon côté compétitrice.

Quels sont tes objectifs alors ?
En club, c’est gagner de nouveaux trophées en France et aller encore plus loin en Ligue des champions. Et si je peux participer entre-temps à l’EHF Euro 2018… Chaque chose en son temps. Il n’est pas question de revendiquer quoi que ce soit. Je n’ai surtout pas envie de me projeter. Je me concentre sur moi-même et j’essaie d’apporter ce que je peux, sur le moment, sans aucune arrière-pensée. Je ne veux rien regretter et surtout ne pas être déçue derrière.

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