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#Entretien du lundi - Kentin Mahé : « Un Mondial particulier »

Spectateur de la demi-finale Allemagne - France (32-31 a.p.) en 2007 piteusement achevée par un arbitrage partial, Kentin Mahé sera, cette fois, sûrement l’un des acteurs du match qui décidera du classement final de la poule A, Allemagne - France, le mardi 15 janvier à Berlin.

L’équipe de France disputera une large partie du Mondial en Allemagne. Cette compétition a-t-elle une saveur bien particulière pour toi ?
L’Allemagne qui a été une terre d’accueil pour ma famille à partir de 2000. J’ai grandi en Allemagne et j’ai appris la langue. J’ai aussi passé mon bac là-bas. J’ai reçu une éducation à l’allemande. J’ai quitté la maison à 20 ans puis j’ai eu un premier contrat à Gümmersbach. L’Allemagne m’a beaucoup apporté et je m’y sens à la maison, il ne faut pas se mentir. Berlin est une ville que j’apprécie. Lorsque j’avais 18-19 ans, l’un de mes rêves était de jouer pour le Füchse Berlin. Pourquoi ? Je ne sais pas mais j’aimais beaucoup leur salle. Ma famille peut aussi venir me voir. Oui, pour toutes ces raisons, c’est un Mondial particulier pour moi.

Avant ton départ à l’intersaison pour la Hongrie et Veszprém, tu avais toujours évolué en Bundesliga où tu avais tous tes repères…
J’ai évolué pendant neuf saisons en Bundesliga. Cette période est une étape importante de ma vie. Ma compagne est Allemande et notre fille est née à Flensburg. Mes liens avec ce pays sont étroits et j’ajoute que j’ai une deuxième maison du côté de Düsseldorf où mes beaux-parents habitent. En dehors de l’équipe de France, la plupart de mes potes sont Allemands, sans compter les joueurs étrangers avec lesquels j’ai tissé des liens plus ou moins forts.

Quel sera justement l’enjeu de ce Mondial pour le Handball allemand ?
Les Allemands voudront accueillir les équipes adverses de la meilleure des façons. Il y aura un engouement médiatique certain et la pression sera assez importante pour le pays hôte. L’équipe d’Allemagne n’a pas eu de résultats lors du Mondial 2017 et elle a été assez rapidement éliminée lors de l’Euro 2018. D’après ce que je sais, les choix du coach sont un peu controversés et à mon avis cela tiendra à cœur à la Mannschaft d’être très performante. Elle sera redoutable.

Tu as choisi de vivre une aventure à l’étranger, en Hongrie. Quels ont été les arguments de Veszprem ?
Plusieurs facteurs sont entrés en ligne de compte. Cela faisait un bout de temps que je jouais en Allemagne. Je souhaitais changer pour vivre une autre expérience. Me soulager aussi un peu de la charge de travail qui s’accumule en Bundesliga avec le nombre de kilomètres effectués chaque saison. Je n’ai pas fait le calcul du nombre d’heures passées dans le bus… Certains l’ont fait et c’est impressionnant. Veszprem n’évolue pas en CA League et cela me permet d’être un peu plus focus sur l’entrainement. Sortir de sa zone de confort, se mettre en danger, côtoyer des joueurs de classe internationale, c’est aussi excitant.

L’aspect matériel a-t-il compté ?
Cela va de soi que je dois regarder où sont les meilleures offres. Je ne le cache pas. Des opportunités de ce type, de la part d’un club aussi prestigieux, ne se présentent qu’une fois ou deux dans une carrière. Je me suis senti honoré et je n’ai pas réfléchi longtemps. Je ne pouvais pas refuser cette offre.

Selon toi, quelles sont les différences majeures entre le système de formation allemand et français ?
La différence majeure, c’est l’approche. En Allemagne, la force est incarnée par la notion d’équipe. En France, on valorise la performance individuelle du joueur pour faire appel à lui plus tard en équipe de France A. Avec les victoires récentes des équipes de France jeunes, ce constat a évolué. J’ai eu des entraîneurs allemands et mon père aussi lorsque j’étais en -18 à Dormagen. Je suis un mix des deux cultures. Si la situation évolue avec des clubs qui forment des joueurs de plus en plus tôt, par exemple à Hambourg, ce sont les pôles qui caractérisent la France avec un entraînement plus personnalisé.

En Allemagne, les rythmes scolaires sont adaptés à la pratique sportive…
Je me souviens que je débutais les cours à 07h45 et la plupart du temps, je terminais les cours à 14h. La culture du sport est intégrée à l’éducation. Ce n’est pas un hasard si les sportifs allemands sont très souvent devant la France au tableau des médailles, aux Jeux Olympiques.  Je crois que la différence majeure, c’est le soutien des parents et l’engouement du public. Des mamans au foyer, c’est un fait que je peux relater, sont tout le temps en vadrouille pour accompagner leurs enfants, parfois à une centaine de kilomètres. C’est une culture méconnue pour nous. Ma mère était impressionnée par ça.

Tu es à l’aise avec un ballon en main. As-tu testé d’autres sports ?
Lorsque j’avais 14 ans, J’ai effectué un essai dans le club de foot du Borussia Moenchengladbach. J’occupais un poste plutôt défensif, une position excentrée en défense, côté gauche. Cela m’avait beaucoup plu et je m’étais plutôt bien débrouillé. L’entraîneur m’avait demandé de revenir le lendemain. Je lui avais répondu que j’étais honoré mais que j’avais choisi mon destin qui se ferait dans le Hand.

Quels posters de sportifs avais-tu accroché aux murs de ta chambre ?
J’avais uniquement des posters de Handballeurs, édités par le magazine Handball Woche. En fait, il s’agissait d’actions décortiquées. Il y avait une action défensive, une 5-1, avec Jackson Richardson. C’est bizarre parce que lorsqu’on est gamin, on préfère marquer des buts mais ce poster-là, c’était surtout à cause de Jack. L’autre poster décrivait le fameux tir desaxé de Talent Dushebaev. J’essayais, sans cesse, de le réaliser à l’entrainement. J’avais aussi plein de cartes dédicacées de joueurs de Gümmersbach, comme Momir Ilich. J’en avais une aussi de Michaël Guigou.

Quels sont tes liens avec Michaël Guigou, un joueur auquel tu ressembles beaucoup…
Je suis honoré par le compliment mais il est bien au-dessus de moi ! Mika manie le ballon de façon impressionnante, comme personne. Cette aisance avec le ballon est une source d’inspiration que j’essaie de récréer sur les échauffements, dribbler main gauche - main droite, de jouer au basket. C’est plus moi qui l’observe : je regarde ce qu’il produit. Cela m’a apporté beaucoup dans mon éducation Handballistique.

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