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  • #Entretien du Lundi - Destins croisés : Tamara Horacek et Cyril Dumoulin

Opérés des ligaments croisés, les deux internationaux échangent régulièrement, via les réseaux sociaux, sur leur phase de rééducation. Tamara Horacek et Cyril Dumoulin racontent comment ils appréhendent cette blessure qui va les tenir longtemps éloignés des terrains.

Comment vas-tu ? Le moral est-il bon ?
Tamara Horacek :
Je me sens très bien. Ce n’est pas un croisé qui va m’enlever ni mon sourire, ni ma motivation.
Cyril Dumoulin : Je suis actuellement dans la bonne phase, post-opératoire. De jour en jour, il y a des améliorations. C’est super motivant car les choses avancent bien, et sans douleurs.

Dans quelles circonstances est survenue la blessure ?
Tamara Horacek :
Le 7 novembre 2018, lors d’un match de LFH contre Saint-Amand. Après trois semaines d’arrêts, ce match était un test pour mon épaule. C’est sur un kung-fu avec Chloé Bulleux, sur la réception du saut (le ballon a échoué sur la transversale), j’ai senti mon genou partir. Résultat : ménisque interne touché et rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche.
Cyril Dumoulin : Lors de la petite finale du Mondial, face à l’Allemagne, le dimanche 27 janvier dernier. Nous avons décortiqué les images et, ce qui semble se dessiner, sur la réception de la parade j’essaie d’éviter légèrement Paul Drux. Il retombe près de moi et il me bloque le pied. Ma cheville ne suit pas et seulement le genou tourne, puis tout a lâché.

Quand l’opération a-t-elle été effectuée ?
Tamara Horacek :
 J’ai été opérée le 28 novembre car je devais attendre que le genou se dégonfle.
Cyril Dumoulin : Dès le jeudi 31 janvier car l’état de genou permettait d’enchainer avec l’opération.

Comment se déroulent les soins ?
Tamara Horacek :
J’ai enlevé les béquilles trois semaines après l’opération puis j’ai repris une vie normale. Je ne ressens aucune douleur depuis l’opération. J’effectue actuellement du travail de presse, de la proprio, des ischios et de la balnéothérapie à l’Adapt à Chatillon. Je vais maintenant passer un mois au CERS de Capbreton. J’ai perdu un peu de muscles et je ne ressens pas de douleurs pendant les exos.
Cyril Dumoulin : Une semaine après l’opération, cela avance très bien. Le genou est encore un peu gonflé, un hématome a fleuri sur ma jambe devenue un peu violette, mais c’est tout mignon (sourire). J’espère retrouver la marche dans trois semaines. Actuellement, je fais du travail de remobilisation pour retrouver la flexion du genou. J’ai perdu très peu d’extension. On sollicite aussi musculairement le quadriceps qui répond très bien.

Quelles sont les perspectives de retour à la compétition ?
Tamara Horacek :
Je reprendrai la saison prochaine. J’espère, dès le mois de mai, retrouver l’activité sportive avec quelques exercices.
Cyril Dumoulin : Je suis rentré dans un processus de rééducation. Les objectifs sont les suivants : la marche, trois semaines après l’opération, la course dans 4 mois, le début de la réathlétisation dans 6 mois. Le projet est de revenir à la compétition en octobre prochain. Mais je peux perdre comme gagner du temps sur ce planning.

 

Outre la rééducation, comment t’occupes-tu ?
Tamara Horacek :
Je vois plus ma famille et mes proches. Je souhaite aussi trouver un projet d’étude et me servir des quatre langues que je maîtrise : le français, le serbo-croate, l’anglais et l’allemand.
Cyril Dumoulin : Je profite de travailler sur mes stages et d’autres projets. En fait mon programme est actuellement plus chargé qu’en période de compétition, notamment parce que je bénéficie de 2 séances de kinésithérapie par jour. Je vais aussi profiter de cette période pour travailler physiquement le haut du corps.

Comment as-tu vécu l’EHF EURO 2018, depuis les tribunes ?
Tamara Horacek :
Tout le monde me connait, je suis toujours souriante et j’étais très contente pour les filles. Je l’ai bien vécu à Nantes, en revanche à Paris, mon sentiment était plus mitigé. J’étais à la fois heureuse pour les filles et je me disais que j’aurais pu y être aussi.

Après onze minutes de la petite finale, Allemagne-France, tu as dû quitter tes partenaires…
Cyril Dumoulin :
Une fois que la douleur s’est un peu calmée, je me suis douché et j’ai rejoint en tribune, après la mi-temps, Cédric Sorhaindo et Nicolas Claire. J’étais concentré sur cette quête de la médaille de bronze. Je l’ai vécue dans l’intensité, en mode supporter. Je me suis même levé au moment du but de Niko (Karabatic). Cette belle médaille, elle a pris pour moi une allure symbolique car j’ai eu le sentiment de ne pas avoir perdu ce genou pour rien. C’était important dans la tête.

Restes-tu en contact avec le staff de l’équipe de France ?
Tamara Horacek :
Cindy Conor, le médecin de l’équipe de France, et Olivier (Krumbholz), prennent régulièrement de mes nouvelles.
Cyril Dumoulin : Bien sûr, je donne des nouvelles régulières sur les grandes étapes depuis que la blessure est survenue. C’est aussi pour qu’ils ne m’oublient pas (sourire).

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