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ENTRETIEN DU LUNDI – Alain Smadja : « Le Handball change de dimension »

Membre du Conseil d’Administration, Alain Smadja est le nouveau Trésorier général de la FFHandball. Président de la LNH de sa création en 2004 jusqu’en 2010, il revient sur son parcours dans le Handball et évoque les missions qui l’attendent et le passionnent.

Quel est ton parcours dans le Handball ?
J’ai signé ma première 1e licence en 1970, au Racing Club de France (Ligue PIFO). J’ai d’abord évolué au poste de demi-centre puis comme ailier gauche et enfin comme gardien de but et j’ai disputé quelques matches en N2. Je me suis ensuite consacré à mes études puis à mon premier cabinet d’expertise comptable. Aujourd’hui, je cours environ 40 kms par semaine et j’ai disputé une dizaine de marathons et une bonne cinquantaine de semis (20 kms).

Et l’engagement associatif est donc venu plus tard ?

J’ai fondé le club des Lilas et comme j’étais un président de club qui l’ouvrait beaucoup (rires), Jean-Paul Demetz, le président de la Ligue PIFE, m’a mis le pied à l’étrier en me confiant une vice-présidence alors que dans le même temps j’assurais le poste de trésorier du Comité 93.

À quel moment t’es tu rapproché des instances de la FFHandball ?

Jean-Paul Demetz était aussi le président de la CNCG, l’organe de contrôle de gestion des clubs professionnels, et en raison de mon activité professionnelle (Expert-comptable et Commissaire aux Comptes), il m’a proposé d’intégrer cette commission. Ce sont mes premiers contacts avec le monde du Handball professionnel. Je suis devenu ensuite président de la CNCG, à la suite de Claude Scarsi, et c’est ainsi que j’ai intégré au début des années 2000 le Conseil d’Administration de la fédération.

C’est seulement ensuite que débute l’aventure de la LNH…

En 2004, la LNH est créée et je postule alors auprès des présidents des clubs professionnels. J’ai effectué trois mandats de deux ans à la présidence de la ligue masculine, jusqu’en 2010. C’est en qualité de représentant de la LNH que j’ai fait partie du Conseil d’Administration de la FFHandball pendant ces 6 années. Lors de la dernière mandature, mon rôle d’administrateur fédéral a été associé à quelques missions spécifiques d’accompagnement notamment sur le financement de la Maison du Handball et sur l’élaboration des traités de fusion des Ligues dans le cadre de la réforme territoriale.

Avec du recul, comment analyses-tu l’échec de la Coupe de la Ligue exportée en 2009 à Miami ?

Miami était une décision collective et unanime du Comité Directeur de la LNH sur ma proposition. Même lorsque nous avons eu vent des difficultés des organisateurs locaux, nous avons collectivement et unanimement décidé de poursuivre alors qu’il était encore temps de faire marche arrière. Cette expérience nous a fait vivre des moments uniques et une aventure humaine riche. La déception vient du fait que nous en attendions beaucoup, trop peut-être. Certains pensent que l’échec du remplissage de la salle a provoqué des problèmes financiers. Ce n’est pas le cas et sur ce plan c’était loin d’être catastrophique même si nous avons eu des problèmes de recouvrement de créances.
Nous ne nous serions jamais lancé dans un truc trop risqué, je suis trop passionné et attaché au Handball pour faire des folies. Nous avons sûrement fait un peu trop confiance et fait preuve d’un peu de naïveté en confiant les clefs à des gens peu expérimentés aux USA qui ne connaissaient pas bien ce sport. Cette expérience unique a en tout cas fait parler de nous et j’observe que depuis d’autres Ligues professionnelles nous ont copié.

Voici 13 saisons que la LNH vole de ses propres ailes, quel regard portes-tu sur son évolution ?
Je suis fier de ce qui a été réalisé. Fier des années où j’étais impliqué et admiratif du travail effectué par la suite. Au delà des dirigeants de la LNH, il y a une formidable équipe de salariés compétents et impliqués. Je pense notamment à Etienne Capon et à Christophe Janot qui sont les piliers de cette réussite. Il faut aussi rendre hommage aux présidents des clubs : ils sont déterminés et prudents, compétents et connaissent parfaitement leur environnement. Je ne connais pas suffisamment Philippe Bernat-Salles mais je trouve qu’il est bien au relais de cette ambition qui était de faire de la LNH « le premier championnat de Handball au monde ».

En acceptant de devenir le Trésorier général de la FFHandball, n’est-ce pas un prolongement de ton activité professionnelle, qui plus est, chronophage ?
Lorsque Joël Delplanque m’a proposé cette fonction, je me suis posé la question de mon engagement d’autant que la mission me paraissait indissociable de la personnalité d’Alain Koubi. Avec Joël, nous avons listé ensemble tous les enjeux et je me suis engagé avec force. Donc non, il ne s’agira pas d’un « client » en plus (NDLR : tous les membres du CA sont bénévoles) mais d’un vrai défi car le Handball change de dimension avec une forte croissance et c’est extrêmement motivant.

L’activité du Trésorier général n’est pas limitée aux seuls sujets financiers, en tant que membre du Bureau Directeur il participe à la plupart des discussions et des décisions de gouvernance...
Il y a le volet financier de la construction et de l’exploitation de la Maison du Handball qui va conduire à devoir concevoir un modèle économique marchand, devant générer des ressources, tout en restant d’abord au service de nos clubs et de nos licenciés. Il faut aussi effectuer le bilan financier du Mondial 2017, gérer l’Euro 2018 et trouver des financements pour la candidature à l’Euro 2022. Mettre en place des nouvelles procédures, sécuriser et moderniser nos outils et rendre notre contrôle de gestion plus efficient. Tout cela est donc bien différent de mon quotidien professionnel et j’y vois là un gage de motivation supplémentaire.

La démarche vers l’autonomie de la LFH a été actée lors de l’A.G. de Créteil. Quel est ton sentiment sur cette évolution qui est en marche ?

Je reprends ce que j’ai dit plus haut sur la LNH, cela consiste à faire de la LFH, la première féminine Ligue de Handball au monde. Après 10 années de warm-up, il est temps de changer de braquet. Cela peut paraître ambitieux mais il faut se lancer. Avec de l’autonomie, la LFH se prendra en mains et aura la capacité à se montrer inventive et créative. Ne plus être sous protectorat l’incitera à aller de l’avant. Je crois en la qualité des présidents de LFH et des élus qui vont les accompagner pour réussir dans cette entreprise.

Comment as-tu vécu le Mondial : avec l’œil d’organisateur ou de simple supporter ?
J’ai eu la chance de me rendre sur plusieurs championnats du monde et d’Europe et d’assister à de nombreux matches de haut niveau. Mais avec le Mondial 2017, j’ai ressenti une émotion particulière et quotidienne. Dans la tribune du Stade Pierre Mauroy à Lille, j’ai versé une larme et je n’étais pas le seul. Je me souviens aussi que le jour de l’ouverture du Mondial, la page d’accueil du site internet de Renault mettait en scène un terrain de Handball. Il y a quelques années cela aurait paru inimaginable. Il y a eu aussi la diffusion des matches sur TF1, les 540 000 spectateurs... La communication a été très bonne et a démontré que le Handball avait changé de catégorie.

Quel regard portes-tu sur l’évolution du Handball ces 20-25 dernières années ?
Je vois le Handdall et sa fédération comme une course d’endurance avec des résultats réguliers de l’équipe de France masculine, des féminines et des équipes jeunes qui ont fréquemment fait parler du Handball mais par à-coups. Avant d’entrevoir le ciel bleu, le couvercle s’est soulevé petit à petit grâce à des hommes clefs qui ont accéléré le mouvement et fait fructifier les résultats entamés sous l’ère de Daniel Costantini et de Jean-Pierre Lacoux. Aujourd’hui, grâce au travail de Philippe Bana, qui m’évoque lui aussi l’endurance, et celui de Joël Delplanque qui a mis en place les personnes, son expérience et ses réseaux, le mouvement a réussi à s’accélérer vers la modernité et le développement. Le Handball joue désormais dans une autre cour, c’est une des raisons qui m’incite à m’investir pleinement. Mais attention, il ne faut pas se relâcher car la pratique sportive évolue avec des gens qui font de plus en plus du sport au titre de loisir et à titre individuel. La FFHandball se doit de participer à cette évolution en renouvelant son offre.

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