#Entretiendulundi - Emmanuel Mayonnade

Qualifiée pour les quarts de finale de la Ligue des Champions, invaincue en LFH et en coupe de France, l’équipe d’Emmanuel Mayonnade a des objectifs élevés au moment d’attaquer le money-time de la saison.

Même si tu as effectué une large revue d’effectif, faut-il s’alarmer de la défaite concédée hier face à Copenhague (36-33) lors du dernier match du tour principal ?
Non il n’y pas de raison de s’alarmer. Les choses étaient actées pour nos adversaires et pour nous. À l’issue de ce match, il n’y a pas matière à remettre en cause le rôle de chacune. En revanche, c’est dommageable de ne pas avoir réussi à trouver les ressources et la motivation pour réaliser un match de qualité, indépendamment du contexte. Depuis le début de la saison, l’équipe a été mise à l’épreuve et c’est la première fois qu’elle a un peu failli.

Pour autant, tous les voyants sont au vert… Espérais-tu que ton équipe se situerait à ce niveau début à la mi-mars ?
Complètement, oui. Nous avons beaucoup de recul sur nos performances. Cette saison, nous terminons en 1e position du second tour de la ligue des champions et nous sommes invaincus en championnat. Le parcours est idéal. Cela ne nous assure pas de l’avenir mais j’observe qu’il y a deux ans, nous avions terminé 3e du second tour, puis 2e la saison passée et en première position cette année.

Votre succès probant à Rostov constitue-t-il le match le plus abouti de la saison ?
Pour préparer un match, il faut se servir de tout ce qu’il s’est passé en amont, c’est une accumulation de petits détails. Lorsque je pense à la préparation de notre quart de finale aller à Bucarest, il faudra se retourner sur notre victoire à Rostov et peut-être aussi faire appel à notre défaite à Buducnost et à notre nul à Odense.

Cette fois, Metz HB apparaît favori avant d’affronter Bucarest qui est notamment privé de Cristina Neagu ?
S’il manque Neagu, d’autres joueuses de qualité composent l’effectif de Bucarest. Il faut se méfier des dynamiques du moment. Le PSG était favori avant d’affronter Manchester. Il y a eu un changement d’entraîneur et une motivation retrouvée chez les joueurs : on connaît la suite. Lorsqu’on me demandait qui je préférais affronter en quarts, je n’ai jamais réussi à me positionner. Cette affiche des quarts est intéressante pour l’histoire qu’elle représente. Moi aussi j’ai été vexé par notre défaite l’an passé mais je ne crois pas qu’un sentiment de revanche aide à préparer un match.

Les départs de Laurisa Landre et d’Ana Gros, les arrivées de Gnonsiane Niombla et d’Astride N’Gouan ont animé l’intersaison. Comment as-tu maintenu l’équilibre de ton équipe ?
Les choses se sont faîtes un peu naturellement. En début de saison, j’ai adressé un mot rapide aux joueuses sur la nécessité de redispatcher les cartes offensives. Avec le départ d’Ana qui inscrivait 6 buts par match, il faudrait bien que chacune marque un but de plus ! Nous avons changé nos enclenchements et apporté des évolutions pour permettre à toutes les filles de s’exprimer. Je regardais ce matin le classement des buteuses de la ligue des champions. C’est assez surprenant de constater que Metz HB possède la deuxième attaque et pourtant la première joueuse, Xenia Smits, apparaît en 12e position. C’est assez fort et cela démontre notre capacité dans le rapport de forces.

Estimes-tu que les internationales ont mieux géré le contre coup de l’Euro si on compare avec le titre mondial la saison passée ?
À Metz, on se nourrit de ce qu’il se passe en équipe de France. La sélection nationale permet d’acquérir de l’expérience dans le contexte international et d’avancer. Je pense aussi que l’équipe de France peut ne nourrir légitimement de la belle dynamique messine. La gestion du retour d’un tel événement est assez aléatoire car différente pour chacune des joueuses. Elles ont eu du mérite à bien le négocier et à être opérationnelles avec Metz HB.

Comment s’est présentée l’opportunité des Pays-Bas ?
Très sincèrement, la perspective de diriger une équipe nationale n’était pas quelque chose qui pouvait m’intéresser. Clairement je crois que j’aime la proximité quotidienne et ressentir rapidement l’impact que je peux avoir sur une équipe au travers de l’entraînement. Au moment où s’est libéré le poste de la sélection néerlandaise, j’étais en discussion avec Metz HB. J’ai fait le point avec mon agent et si une seule équipe pouvait me titiller, c’était bien celle des Pays-Bas. Le palmarès récent, la dynamique, les conditions de travail : seule cette équipe pouvait me faire switcher. Mon président, Thierry Weizman, m’a senti capable de faire les deux et m’a témoigné de sa confiance face à la charge de travail. Je crois qu’il a assez de caractère pour savoir ce qui est bien ou pas, pour son club. J’ai préparé un dossier et j’ai posé ma candidature avec la façon dont je voyais les choses. J’ai passé deux entretiens téléphoniques et deux par Skype. Puis, au sortir de notre deuxième rencontre avec les dirigeants de la fédération, je me suis engagé.

Quels sont les objectifs assignés ?
Remporter au moins une médaille sur les deux prochaines compétitions : le Mondial au Japon puis les J.O. de Tokyo sachant, c’est une évidence, qu’il faudra d’abord construire la qualification pour les J.O. Nicky Groot a annoncé l’arrêt de sa carrière internationale. À mon avis, il s’agit de l’une des meilleures joueuses du monde. Les choses ont donc un peu changé depuis mon engagement.

Penses-tu à la perspective de rencontrer l’équipe de France ?
Ça me semble tellement loin. Dans le meilleur des cas, cela n’arrivera pas avant le Mondial au Japon. Je n’y pense pas trop. Je songe d’abord au prochain rassemblement et au match face à l’Allemagne puis à celui de juin où nous affronterons la Russie. Mais quoiqu’il advienne, je citerai l’adage : « Que le meilleur perde mais pas trop souvent. »

Au moment de cette annonce, as-tu été « branché » par tes joueuses à Metz HB ?
Je pense qu’elles étaient toutes assez contentes pour moi car elles m’ont chambré. Elles m’ont aussi rappelé que j’avais dit quelques mots, pas toujours flatteurs, sur des joueuses néerlandaises que nous avions affrontées en ligue des champions. Récemment, dans le salon des partenaires après un match aux Arènes, l’animateur du club a demandé à Laura Glauser et à Manon Houette ce qu’elles pensaient à l’idée de rencontrer les Pays-Bas. Elles ont tout simplement répondu qu’avec l’équipe de France, elles n’avaient peur de personne.

Interrogé sur ta nomination, Olivier Krumbholz a déclaré : « C’est bien pour Manu, avec un beau challenge à relever. La véritable discussion n’est pas de prendre l’équipe néerlandaise mais de mener de front deux métiers différents. » Qu’en penses-tu ?
Parce que ce sont deux approches différentes, ce sont en effet deux missions qui différent. Loin de moi l’idée de ne pas dire que le métier de sélectionneur n’est pas hyper prenant. J’ai déjà préparé toutes les séances du premier stage avec les Pays-Bas et commandé à mon staff les différents séquençages des matches de l’Allemagne. Pour l’heure, je ne vois pas la difficulté et j’arrive aujourd’hui à m’ouvrir à cette nouvelle fonction avec pas mal de facilités. Sur notre temps off, avec Ekaterina Andryushina, mon adjointe à Metz qui m’accompagne aussi en sélection, nous nous occupons l’esprit. C’est super.


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