Depuis 2011, les finales de la coupe de France se disputent dans l’autre Maison du Handball : le P.O.P.B devenu depuis l’A.H.A. L’enjeu de l’organisation est à la fois Phénoménal et Handballissime avec six finales de rang sur une seule journée.

L’obsession du chrono
C’est avec une équipe rodée de 90 bénévoles et flanqué de son fidèle acolyte, Julien Piers, que Frédéric Morel relève chaque année le défi de l’organisation des finales de la coupe de France. « Le principal défi est de tenir les horaires car nous avons l’impératif de démarrer à l’heure les finales nationales qui sont retransmises à la télévision. Avec un coup d’envoi toutes les 2 heures de chacune des finales, la marge de manœuvre est étroite », souligne Frédéric Morel. Il faut ainsi observer ses équipiers se démener, tels des mécaniciens d’une écurie de formule 1, pour installer le podium de récompenses… customisé et déplacé à six reprises sur cette folle journée. « En 2018, nous avons débuté la journée des finales avec deux matches qui sont allés aux tirs aux buts. Dans ces conditions, nous disposons d’à peine 10 minutes pour lancer le match suivant. » Chaque équipe, finaliste ou victorieuse, déambule sur le podium pour un moment d’ivresse unique. Une apothéose surveillée de près par l’équipe des bénévoles qui garde toujours un œil sur la pendule et use de diplomatie pour rester dans le ton de la fête. « On surveille surtout que la coupe de France ne soit pas emmenée jusque dans les tribunes. Chaque équipe repart ensuite avec son répliqua », sourit Frédéric Morel qui rappelle l’objectif de la nouvelle coupe de France mise en place en 2010 « faire vivre aux joueurs amateurs une journée exceptionnelle aux côtés des professionnels. L’objectif est d’offrir les mêmes conditions à toutes les équipes finalistes, du niveau départemental jusqu’au national. » Du jeudi à 08h jusque dans la nuit du samedi au dimanche, l’équipe d’organisation ne ménage pas ses efforts. « Nous devons notamment installer le terrain principal et celui d’entraînement dans la salle Marcel Cerdan. Le démontage s’effectue rapidement et nous quittons généralement l’AHA, vers 04h du matin le dimanche. » Non sans avoir partagé le verre de l’amitié avec l’équipe des bénévoles, dans un espace VIP déserté et qui n’a plus rien de clinquant.

Une billetterie finement gérée
« C’est une fierté de faire plaisir aux amateurs qui sont issus des clubs de l’ombre. Nous recevons de chaleureux remerciements », témoigne Frédéric Morel qui prend soin avec son équipe, que les supporters soient aussi à la fête. « La gestion de la billetterie est un enjeu fort. Nous disposons d’environ 13000 places dont un tiers sont bloquées pour les supporters des 12 clubs. La répartition tient compte de notre expérience et nous ajustons en permanence en fonction des retours des clubs. » Le billet est unique et permet de suivre toutes les finales, et même de rentrer et de sortir de l’Accorhotels Aréna, à plusieurs reprises, au risque de manquer les animations mises en place par la fédération. « Pour favoriser l’ambiance, nous plaçons les kops des supporters, de part et d’autre du terrain », poursuit le chargé de missions Événementiels. Les billets sont attribués environ deux semaines avant les finales et tant que l’arène n’est pas remplie, les supporters peuvent prendre position là où bon leur semble. « Cela change des matches des équipes de France où la salle est aux couleurs bleu-blanc-rouge. Les couleurs des différents clubs génèrent un beau maillage. » L’enjeu de la billetterie et des conditions de suivi de cette journée sont primordiaux. « Il en va de l’image de la fédération qui souhaite faire plaisir aussi aux supporters qui ne revivront peut-être plus une telle journée de communion. » Dès l’ouverture de l’AHA le samedi matin, ils sont déjà deux à trois milliers à investir l’antre parisien. Les journalistes régionaux découvrent aussi parfois l’enceinte, idem pour les VIP des clubs départementaux et nationaux. « Naturellement tous les clubs bénéficient d’un quota d’invitations VIP pour leurs dirigeants et les élus de leur ville. Là aussi, il y a un sympathique mélange entre les clubs professionnels et les clubs du sérail. »

Un traitement unique
Les clubs amateurs sont pris en charge du vendredi soir au dimanche matin et sont hébergés au centre Kellerman. « Nous permettons aux clubs de découvrir l’AHA dès leur arrivée, sous la conduite de leur bénévole référent. » Des liens forts se tissent alors entre les bénévoles et les finalistes. « Pour les clubs professionnels, nous évoluons aussi dans le traitement avec par exemple, depuis quelques saisons, l’installation de piscines à glace pour la récupération des athlètes, indique Frédéric Morel qui se souvient de l’aménagement plus rudimentaire des vestiaires les premières années. » Les web-diffusions évoluent aussi vers des retransmissions de meilleure qualité. « Avec le souci de maîtriser le budget, nous poursuivons, année après année, la construction du produit coupe de France. Aujourd’hui des kits sont fournis aux organisations des finales de zones. » Pour mieux s’inscrire encore dans l’esprit de la coupe et rêver à la qualification pour vivre une folle journée à Paris.

Le palmarès de l’édition 2013-2014 :
Nationale féminine : CJF Fleury-Loiret
Régionale féminine : US Saint-Égrève HB
Départementale féminine : US Lagny

Nationale masculine : Paris Saint-Germain HB
Régionale masculine : Annecy Handball
Départementale masculine : Handball Club Grabellois

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