Dans la foulée d’un inédit Final Four européen et un 23e titre national, Metz a décroché une nouvelle coupe de France. La neuvième de son histoire pour un 5e doublé. Un 40e titre dans un palmarès tout simplement inégalable.

BREST - METZ : 24–34 (11-18)
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On ne pouvait pas rêver meilleur bouquet final pour les filles, que ces retrouvailles entre Brest et Metz à l’occasion de la finale nationale. Soit les deux représentants tricolores en Ligue des champions au début de la saison. Et surtout les plus beaux fleurons de notre Elite en ce moment. A défaut de finale du championnat, où Nice est venu déjouer les pronostics récemment, Brest défiait donc son meilleur ennemi lorrain, en quête d’un autre doublé après 1990, 94, 2015 et 2017. Tel est l’ogre lorrain, insatiable au moment de cueillir les lauriers et asseoir encore un peu plus sa suprématie. En ce début de soirée, comme le plus souvent cette saison, Brest n’avait pas les armes pour lutter. Il n’a même pas fait illusion sur les premières minutes de cette explication finale. Alors que Grâce Zaadi et ses copines cherchaient pourtant leurs marques à l’entame de cette ultime heure de jeu. Xenia Smits, toujours aussi déterminée, montrait la voie aux Dragonnes (1-4, 9e). Gnonsiane Niombla lui emboitait le pas pour fissurer un édifice breton décidément bien mal en point (2-6, 10e). Et Méline Nocandy, de plus en plus précieuse, ajoutait son grain de sel (2-8, 12e). Mais la bande à Laurent Bezeau ne pouvait pas en rester là, et grignotait petit à petit son retard, dans le sillage de Constance Mauny et de Marta Mangué (8-9, 18e). On pensait le suspense relancé. Ce n’était qu’un feu de paille, aussitôt étouffé par la défense lorraine et la solidité retrouvée de Grâce Zaadi et consorts. Dans un money time dont il a le secret, Metz douchait rapidement l’enthousiasme des tenantes du titre (11-18).

Brest ne devait pas s’en relever et plongeait dès le retour des vestiaires (11-20, 32e). Emmanuel Mayonnade et ses filles n’avaient plus qu’à gérer les affaires courantes jusqu’au coup de sifflet final. Mais pas question pour autant de galvauder cette fin de match. Béatrice Edwige (6 buts) en profitait pour soigner ses adieux avec l’étendard français. Elle qui va désormais œuvrer chez le champion d’Europe hongrois Györ, aux côtés d’Amandine Leynaud et d'Estelle Nze Minko. Aleksandra Zych était aussi conviée au festin avant de quitter la Moselle. Les jeunes parachevant l’énième démonstration de cette impressionnante machine à gagner. Seule la pépite Pauletta Foppa (5 buts) tirait son épingle du jeu et limitait le naufrage breton. L’exercice 2018-19 ne restera décidément pas dans les annales d’un Brest en pleine crise de croissance. Mais qui va forcément tirer les leçons de cet acte manqué et redorer rapidement son blason. En attendant, Metz n’en finit plus de surfer au-dessus de la vague du handball tricolore. Et capitaliser sur son impressionnante soif de victoires et de titres. En apothéose d’une saison exceptionnelle et en quête certainement déjà d’autres sommets. Le quotidien d’un club résolument tourné vers l’avenir, sans se lasser de défier le temps !

Déclarations :
Emmanuel Mayonnade (entraineur de Metz) :
Le président avait essayé de nous faire entendre, à demi-mot, que c’était le match qui pouvait nous permettre de valider la plus belle saison de l’histoire du club. Cela n’engage que lui, il est quand même là depuis longtemps, et les résultats sont effectivement très intéressants. Nous avons gagné toutes les compétitions dans lesquelles nous étions engagés, ou à minima nous avons rempli les objectifs de la structure, puisque le Final Four a été atteint. L’idée était de faire un bon match ce soir et stabiliser ce que l’on avait laissé entrevoir. Il n’y avait pas de raison que sur un tel rendez-vous on puisse se faire attraper par Brest. Un match pour concrétiser notre très belle saison. Nous avons fait continuellement la course en tête. Le score était gratifiant à la pause et derrière nous avons « déroulé » et proposé ce que l’on fait depuis le début de l’année finalement.

Béatrice Edwige (joueuse de Metz) :
C’était quasiment le match parfait. On voulait imposer notre rythme et prouver encore que l’on était les meilleures de France. Je suis fière de faire partie de ce club et de cette équipe. Il n’y avait que Metz sur le terrain ce soir je suis désolée. On connaît nos forces. Nous avons admirablement rebondi depuis la déception du Final Four forcément. Nous avons rempli toutes les lignes de nos contrats. Toutes les filles ont progressé depuis trois ans que je suis dans ce club. C’est ce qui fait la magie du Metz handball. Nous courrons beaucoup car aussi on s’entraîne beaucoup dans la semaine. A la limite, en match, c’est presque moins dur que ce que l’on fait à l’entraînement. Je suis triste de quitter ce groupe fabuleux. J’ai vécu ce pourquoi j’étais venue à Metz. J’ai progressé, j’ai joué en attaque… Mais je suis aussi contente de réaliser mon second rêve de jouer à Györ. Je pouvais peut-être faire encore un peu plus. Je tiens à remercier tout le monde pour ces trois années de bonheur.

Laurent Bezeau (entraineur de Brest) : Il faut d’abord prendre un peu de recul, se calmer, analyser la saison et réfléchir à la suite. Nous sommes tombés ce soir sur un Metz qui a sorti les arguments qui l’aurait aidé à atteindre la finale de la Ligue des champions : une défense rugueuse, imperméable, une excellente gardienne et surtout l’un des tout meilleur jeu rapide de notre continent. C’est un peu tôt pour faire le bilan. Nous allons d’abord digérer cette défaite en finale. Dans notre courte histoire, je ne connais pas de club à l’ascension non-stop. Tu peux aussi t’arrêter à un palier un moment donné, voire descendre d’une marche, pour mieux repartir de l’avant et revenir plus fort. Nous avons été plus près de Metz certes. Il s’est sacrément amélioré. Il faut apprendre de ce que l’on a pu mal faire et continuer à construire.

Amandine Tissier (joueuse de Brest) : Nous sommes forcément déçues après une telle prestation, Metz était vraiment trop fort. C’était compliqué de rivaliser avec elles. Metz est dans une tout autre dynamique que nous. Il faut en tirer les leçons et revenir meilleures. Je pense à tous nos supporters encore nombreux à avoir fait le déplacement. Ce n’est jamais simple de repartir avec une défaite. Oui je vais être honnête, c’est un soulagement d’en finir avec cette saison, que ce soit individuellement ou collectivement. J’ai hâte que juillet reprenne, avec un nouvel élan et d’autres objectifs. Nous sommes assez matures pour apprendre et ne pas reproduire les mêmes erreurs.



HC

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